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frein de langue ?

Isabelle

Fontaine de lait
Si ça se trouve, ton mari il dit jusque 6 mois parce qu'il croit que tu vas ramer comme ça pendant tout l'allaitement. Peut-être qu'il n'en peut plus de te voir ramer comme ça et qu'il pense que le biberon va redonner du calme et de l'ordre dans votre vie.

Peut-être que d'ici là, quand il verra comme c'est facile avec un bébé allaité, comme il va vous voir heureuses ta fille et toi, et tes autres filles aussi, de vous voir enfin heureuses, de reprendre vie, peut-être que d'ici là il ne pensera plus au sevrage.

Peut-être que participer aux repas en donnant des solides, ou participer pour le jeu, le bain etc... ça suffira à le combler dans son rôle de père et il n'aura pas besoin d'interférer dans ton rôle de mère ( qui nourri au sein ).

Mon mari il était surtout perdu car lui, il ne peut pas donner le sein pour calmer le bébé, donc en donnant le biberon ça nous mettait à égalité. J'ai sevré Paul, j'ai cédé à la pression de la famille et avec frein de langue court, ça a été très vite. Mais j'ai changé d'avis car je ne savais pas comment calmer les pleures d'un bébé sans le sein, et évidement mon mari s'est défilé ! Donc relactation et depuis, il a appris à me faire confiance et petit à petit il a pris aussi confiance en son rôle de père. Il a trouvé SA place.

http://www.lllfrance.org/chercher.html?q=père

Bises
 
Dernière édition:

ssof

Période de pointe
Merci Isabelle pour tous ces conseils, j'espère que mon mari aussi trouvera sa place. Je pense effectivement qu'il "jalouse" un peu le fait que je calme vite Charlotte grâce au sein, et je compte sur la diversification vers les 6 mois pour combler ce manque avec elle.

Les douleurs ont disparus comme par magie alors je ne sais trop quoi penser, ça se passe bien, Charlotte est zen, elle sourit beaucoup, se tourne parfois sur le côté, a même fait ses premiers fous rires lol. Je lui donne le sein quand j'ai envie en fait car elle réclame peu, pourtant elle semble bien grossir puisqu'elle avoisine les 6 kg.

Par contre, impossible de prendre des photos de sous la langue grrrrrrrrr, je ne demande pas d'aide à mon mari car il stresse à mort chaque fois que je parle des freins, je l'ai traumatisé le pauvre lol. Dur de tenir sa langue tout en lui ouvrant la bouche, juste le temps de la photo. Même quand elle joue avec sa bouche, pas moyen de voir le dessous de la langue ! Pourtant elle tire souvent la langue maintenant !

Demain, réunion lll dans ma région, je vais rencontrer une maman qui a fait coupé le frein de son fils il y a quelques jours. Je l'ai eu par mail et je lui ai parlé de ce forum et ce post.

Une de mes voisines super sympa, qui est sage-femme, est en train de faire la formation de consultante en lactation. Elle m'a dit qu'ils lui ont parlé de freins dès la première semaine de formaion.

Grace à tout ça ce problème finira bien un jour par être pris en compte !

Et j'ai eu l'adresse d'un stomato pas très loin de ma région qui a coupé un frein au fils d'une copine. Je lui en veux un peu à ma copine parce qu'elle m'en avait jamais parlé avant, mais bon, on s'en fiche, du moment que nos bébés et enfants vont bien, c'est tout ce qui compte.

Il ne me reste plus qu'à en parler à mon gyneco qui transmettra le message à la maternité où j'ai accouché. Ca éviterait sans doute pas mal de sevrage ultra-précoce. Ca me fait penser à ma voisine de chambre qui avait des douleurs affreuses comme moi et qui a mal été conseillée aussi, et pourtant par une consultante en lactation (!), mais elle ne connaissait peut-être pas le problème.

Comment va Paul ? Le frein a été coupé ?
 

Annaëlle

Hyperlactation
En tout cas c'est super que tu n'aies plus de douleurs! Moi j'ai toujours mal, et grace à Isabelle je commence à me dire qu'il faut que ça cesse! En plus avec les douleurs dentaires, il pince +++ le coquin!
J'essaye aussi de prendre des photos de sa langue, et oui c'est pas facile!
 

Isabelle

Fontaine de lait
Oui, à notre époque nous avons le droit de vouloir allaiter sans douleur, c'est le progrès.

Nos maris sont un peu perdus, ils ne peuvent pas materner avec le sein, ils doivent apprendre à materner sans le sein et donc trouver leur façon à eux de materner leurs enfants, sans copier la maman qui a une place particulière. Mais le papa a une place particulière auprès de la maman et le bébé le sens aussi et veut parfois "virer" son papa pour garder "sa" maman. J'ai compris que mon mari n'osait pas "prendre" sa place, il ne savait pas trop où était son rôle, de plus il était complètement perdu, avec mon fils c'était très dur les premiers mois. Avec ma fille, j'ai réagit très vite, on n'a donc pas eu cet épuisement, et mon mari ose plus et profite plus de ses enfants, car lorsque l'enfant souffre et pleure beaucoup, il se soulage, se réconforte au sein, et quand il ne souffre plus, il ne pleure plus dans les bras de son papa. Mon mari a je pense pris les pleures contre lui, genre bébé pleure car il veut maman et le sein. Alors qu'en fait bébé pleure aussi quand il souffre et un papa peut aussi soulager son bébé en le portant, mais c'est très difficile de supporter la souffrance de nos enfants, je pense que nous les mères nous sommes "aidées" par le sein, qui a un grand pouvoir de réconfort, mais nos maris, n'ont pas cette aide, mais le papa peut aussi donner le dal au doigt et soulager, materner son bébé en le portant si maman n'est pas là, comme le ferait une mamie ou une nounou ou une tata. Mais le papa garde sa place privilégiée auprès de la maman, et c'est aussi à la maman de réintégrer le papa. Par exemple quand Paul se met entre nous et ne veut pas que mon mari me prenne dans ses bras, c'est moi qui explique à Paul que papa aussi il aime les câlins. Quand Paul ne voulait pas faire un bisou à son papa, la période que maman, c'est moi qui disait à Paul, ben tu veux pas faire un bisou à papa, pauvre papa, moi je vais lui faire un bisou, je suis contente qu'il soit rentré du travail. Petit à petit le papa trouve sa place aussi parce que nous on lui redonne une place. Le soir, Paul est ravi d’accueillir son papa. Et par exemple pour réintégrer le papa, quand Paul me demande quelque chose, si je suis occupée, je lui dis de demander à son papa. Bref, plein de petites choses qui aide le papa à trouver sa place de père, sans interférer dans mon rôle de mère. ça ne le dérange plus du tout que je nourrisse les enfants au sein, alors que quand Paul avait 3 mois il était rassuré que je donne les premiers biberons. Donc finalement, j'ai trouvé ma place de mère, et il a trouvé sa place de père. Et c'est pareil pour les grands-parents ou les frères et soeurs. Personne ne peut remplacer la mère, on a une place privilégiée, c'est normal, mais ça n'empêche pas aux enfants d'apprécier les autres personnes de la famille.

Paul n'est pas encore traité, c'est très long pour avoir un rendez-vous, 2 mois, mais comme il n'est pas un nourrisson, je patiente, je dois tester l'orl pour savoir si je peux compter dessus ou pas, pour éviter à d'autres mamans de perdre leur temps, car avec un nourrisson, c'est urgent ! Ma pédiatre me dit que je perds mon temps... mais au moins j'aurais testé. Sinon je reverrez ce Dr M qui fait un travail très sérieux.

Je comprends Sophie que tu aurais préféré faire traiter la petite dans ta région, mais tu as fait traiter ta petite par un professionnel, moi je ne regrette pas d'avoir fait le voyage pour ma fille car il a pu la prendre très rapidement, et qu'il a fait du bon travail.

Annaëlle, au Maroc... je ne sais pas si tu iras aussi sur Paris, mais c'est très bien aussi de sensibiliser les professionnels dans ta région. Si ils ne veulent pas traiter, tu pourras aussi leur envoyer la fiche bilan après. Et si tu trouves quelqu'un qui veut bien traiter ton bébé, on t'expliquera pour faire les exercices, car il ne faut pas toucher la plaie. Une maman nous avait dit qu'on lui avait dit de rouvrir la plaie avec un coton tige ! Donc non ! On soulève juste avec les doigts de chaque côtés de la plaies mais on ne touche pas la plaie !

Sophie, c'est super gentil de nous donner des nouvelles, je me suis doutée que tu n'avais pas trop le temps pour le forum car je sais que tu as d'autres enfants, et tu as aussi besoin de repos, je suis tellement soulagée pour vous, les douleurs ont disparu, ça fait bizarre hein ? On s'habitue à la douleur, comme si c'était normal. J'ai une amie elle a allaité 27 mois en souffrant de vasospasme à cause du frein de lèvre sup non coupé, elle m'a confirmé que oui, elle s'est habitué à souffrir pendant la tété, on serre les dents ! Moi ça fait 3 ans 1/2 que j'ai Paul en tété continue avec vasospasme... la frenotomie va nous changer la vie je le sais.

Sinon pour ma petite, la pauvre doit entretenir la lactation pour deux, mais ça va, elle se sauve par terre... elle roule et elle se mettra bientôt à 4 pattes. La petite Charlotte commence à rire... c'est beau n'est-ce pas un bébé qui ne souffre plus...

Annaëlle, si ton petit ne peut pas lever la langue, c'est peut-être à cause d'un frein de langue plus devant, type 2 et 1, bébé ne peut pas lever la langue. Tu vois à l'oeil, si tu vois quelque chose et si tu doutes à l'oeil, tu sens avec ton doigt. Mais ce n'est pas normal de souffrir quand on allaite. Une frenotomie a déjà été faite il me semble pour ton petit non ? Tu sais avec Labrioche et une autre maman on travaille sur la succion désorganisée qu'il faut corriger après la frenotomie. C'est pour ça que je te demande si il y a déjà eu une frenotomie.

Ma fille non plus j'arrive pas à prendre sous sa langue... mais c'est pas grave, les résultats sont là !

Ta petite réclame peu, il ne faut pas se fier à sa demande, je me suis fait avoir, même après la frenotomie, nos bébés ne réclament pas beaucoup le sein et souvent se contentent du pouce ou tètent leur langue! Les tétés sont plus espacées mais bébé prend bien du poids, oui, effectivement, tout l'inverse de la tété continue ! ça fait bizarre hein ? Moi aussi ça m'a fait drôle quand ma fille dormait entre les tétés, j'étais presque inquiète... mais non, ça va, elle prend plus de lait en moins de temps, elle vide bien le sein donc prend bien du poids, même si les seins ne sont plus en hyperlactation.

Bises
 
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ssof

Période de pointe
J'espère Annaëlle que les douleurs auront bientôt disparu pour toi aussi.

Moi aussi j'ai préféré aller à Paris car je sais que c'est lui qui se débrouille le mieux avec ça, pour le moment.

Pour la place du père, tu as raison. Je suis obligée de "forcer" un peu mon mari pour qu'il prenne confiance en lui, même au bout de 3 enfants lol !

Il a du mal à "lâcher" mes grandes pour s'occuper de Charlotte. Il est toujours en train de jouer avec les grandes alors du coup il s'occupe moins de Charlotte, ça m'énerve d'ailleurs.

Il y a quelques temps, il a pris Charlotte dans les bras quand elle râlait, au départ il voulait me la donner et puis, comme j'étais occupée je lui ai laissé dans les bras. Elle s'est arrêté de râler et il me dit "t'a vu, elle a arrêté de pleurer". LOL, ben oui c'est pas un ventre sur patte, elle râle pas seulement quand elle a faim mais aussi quand quelque chose la gratte, quand elle a chaud, froid, qu'elle est mouillée, qu'elle a fait dans sa couche etc...Ahhhh ces hommes !

Intérieurement ça m'a fait sourire mais je me suis bien gardée de lui faire une remarque.

Il pense que, comme c'est moi qui la nourrit, Charlotte ne s'intéresse qu'à moi, qu'elle ne regarde que moi ! C'est pas si simple, les bbs ont encore plus besoin de câlins que de nourriture, un peu comme nous quoi ! C'est à ses soeurs que Charlotte a fait le plus de fou rires ! Et pas à moi.

Seulement, comme tu le dis, notre place est privilégiée dans le sens où c'est vraiment la maman qui rassure le plus, grâce au sein. Du coup, c'est pour ça qu'on oublie un peu tout le reste. Mais heureusement un enfant n'a pas peur tout le temps, ni faim tout le temps lol.

Un vrai bonheur maintenant, c'est vrai qu'on s'habitue à la douleur et que du coup ça fait drôle de ne plus avoir mal.

Hier je suis allée à une réunion lll super sympa à Aix. C'était très intéressant. Le thème portait sur les affaires à emporter en vacances quand on allaite. Au final, il y a très peu d'affaires à prévoir lorsqu'on allaite puisque, justement, ça évite de transporter des tonnes de choses. Et puis, suivant on on part on peut aussi louer des trucs pour les bbs.
 

Annaëlle

Hyperlactation
Oui merci Isabelle!
En dehors des histoires de frein de langue, c'est très intéressant ce que vous dites sur les hommes et leurs difficultés à trouver leur place de père. Le mien j'ai l'impression que l'allaitement ça l'arrange bien car c'est moi qui m'occupe de tout ou presque! Alors oui, c'est à nous de les aider (ou de les "forcer" :D).

Il travaille beaucoup en ce moment donc dès qu'il est là, hop!! je lui donne le bébé "tu vas voir ton papa?" :eek: et ils sont tous les deux ravis! Il essaye aussi de donner le bain quand il peut.
On a eu aussi des grosses crises de pleurs (dents, coliques...:confused:) ou bébé refusait le sein et moi j'étais totalement désemparée et c'est le papa qui l'a pris dans ses bras et qui a pu le calmer pour que je puisse le mettre au sein ensuite.
Il a vu qu'il pouvait y arriver quand moi je paniquais et ça l'a aidé à avoir confiance dans ses capacités (en plus il vient d'une culture ou les hommes ne s'occupent pas des petits enfants, c'est le travail des femmes ça!!).

Je suis bien contente que tu n'es plus mal, bientôt ce sera moi!! :p
 

ssof

Période de pointe
Merci annaëlle. Comment fais-tu pour faire des photos si précises, on voit que ton loulou soulève bien sa langue, et moi, même avec un hochet, je n'arrive pas à lui faire soulever, il n'y a qu'avec mes doigts, mais pour la photo, les doigts cachent tout grrrrrrrrrrr, quel casse tête.

Ici, rien à voir avec les freins, violente dispute (en paroles) avec mon mari, tout à l'heure. Il est vraiment fermé, pour l'instant, à l'allaitement au delà de 6 mois. Et il refuse de venir à une réunion lll sur le thème de la place du père. Je résume rapidement, mais, pour lui, lll est intégriste, pronne l'allaitement jusqu'à 16 ans (lol !) etc...

Bref, je lui ai expliqué que c'était loin d'être le cas, que l'OMS recommandait allaitement jusqu'à 2 ans et, pour lui, c'est inconcevable. Bref, le même esprit optu et fermé que 99 % des gens que l'on croise dans la société.

Pas simple tout ça. La dispute a fini par une discussion plus calme, et posée, où il a semblé quand même comprendre que j'aimerais seulement décider moi même du temps d'allaitement, tout simplement.

Pas simple : pour lui, allaiter en public un bambin est inconcevable, inconvenant, rebutant ... je lui ai expliqué qu'un bambin réclame bien souvent moins de lait et qu'on conserve parfois seulement la tété du matin et du soir, tranquillement chez soi, et à l'abri des regards (qui eux sont inconvenants, indiscrets, inconcevables, et rebutants, à mon avis !).

Et je lui ai dit aussi que je ne savais pas du tout quand j'aurai envie d'arrêter l'allaitement, ou quand charlotte en aura envie !

Bon, je dévie complètement du sujet du post, et je m'en excuse auprès des modératrices.

J'ai lu les liens que tu m'as donné à ce sujet Isa, ils sont trèèèèèèès intéressants et je me sens directement concernée.

Il prend très peu de place auprès de charlotte, et à un peu trop tendance, à mon goût, à se reposer sur l'allaitement pour ne pas s'occuper d'elle. Je vais gentiment, mais fermement, lui faire comprendre, en acte, qu'il peut très bien avoir une place tout aussi privilégiée que la mienne, auprès d'elle.

Il a voulu la baigner ce soir, par exemple, alors qu'il a du le faire seulement une ou deux fois...surement l'effet de la discussion, il doit peut-être se dire qu'il est tant de jouer son rôle de papa au lieu de se reposer 6 mois sur l'allaitement puis d'entrer en jeu pour jouer avec elle !
 

Isabelle

Fontaine de lait
Humm, c'est pas facile pour nos maris de nous suivre aussi... il y a les blocages qui viennent de l'éducation qu'on a reçu, et la pression de notre culture de détachement avec l'enfant, séparé au plus tôt de sa mère avec le lit à barreaux, la poussette, les chambres individuelles, le mythe des colères des bébés etc... c'est très difficile et c'est aussi un choc quand on commence à comprendre, grâce à nos enfants, qu'on aime par dessus tout et à qui on souhaite toujours le meilleur.

C'est très bien de ne pas le "pousser" sur un chemin qu'il ne voit pas, et de seulement imposer tes choix qui sont sans danger pour l'enfant.

Effectivement, apprendre à allaiter discrètement peut aussi rassurer ton mari qu'il n'aura pas à subir la pression extérieure, savoir que ce qui se passe en privé ne regarde que vous. Si tu lis le livre sur le sevrage qu'on trouve en vente sur le site LLL, il y a un passage sur le sevrage partiel. Tu n'es pas obligée d'allaiter en public, comme tu le dis, certaines personnes portent des regards insistants et impolis sur les seins des mères qui allaitent comme si ils n'avaient jamais vu que des animaux nourrir leurs petits. Tu n'es pas non plus obligée de sevrer l'enfant juste parce que c'est la mode pour le moment du sevrage précoce. Moi la mode... je fais comme je le sens... si c'est démodé de donner le biberon dans 50 ans... je ne suis pas obligée de priver mes enfants de mon lait juste parce que c'est pas à la mode.

Alors comme astuces, par exemple pour un plus grand qui marche et parle, donc après 1 an ou 18 mois, certaines mamans ont "des codes", par exemple l'enfant demande "lala" au lieu de "tété". Tu peux expliquer à l'enfant qu'on ne tète que à la maison et pas en public, ou lui demander de patienter. C'est très difficile pour l'enfant et beaucoup d'adultes n'ont pas non plus cette patience ! Quand ton mari a soif, et a une bouteille à portée de main, peut-il attendre 1h heure avant de boire, ou se cacher dans les toilettes... je pense que nos enfants ne comprennent pas pourquoi on doit se cacher pour donner le sein, comme si c'était mal... et l'enfant peut aussi prendre comme attaque personnelle les remarques ! Par exemple quand ma belle mère a dit à Paul qu'il était grand pour téter, il l'a tapé ! Et quand elle a voulu donner un truc à manger à Eléonore il a dit : NON ! bébé tété !!! Donc nos enfants comprennent que c'est le normal pour eux de manger au sein et ne comprennent pas pourquoi les adultes veulent les obliger à manger un truc moins bon pour eux.

C'est aussi de notre culture de vouloir tout contrôler, l'heure du repas, du bain, du sommeil et l'age de manger, de parler, le marcher, d'être propre etc... On a beaucoup de mal à croire que l'enfant évolue à son rythme, et qu'il sera propre naturellement, mangera naturellement et se sèvrera du sein naturellement.

Le livre sur le sevrage est une bonne piste pour toi je pense, pas pour convaincre ton mari, mais déjà pour savoir ce que tu veux toi. Tu peux aussi en parler dans les topics de ce sujet évidemment, mais moi je préfère te suivre ici dans ton topic.

Je te cherche un texte et je te le mets après, comme lecture...

LLL n'encourage pas du tout l'allaitement jusque l'âge de la fac, c'est une idée fausse. LLL c'est juste une immense source de connaissances grâces aux études et aux témoignages de mères partout dans le monde. C'est juste un réseau de mères qui s'aident entres-elles, dans toutes les étapes de la maternité, de la grossesse jusque après le sevrage, car LLL ce n'est pas que l'allaitement, c'est aussi le maternage bienveillant, le respect des mères, des enfants, des familles etc... C'est beaucoup plus que l'allaitement ! Et d'ailleurs mes animatrices LLL m'ont plus aidé sur le plan personnel qu'en allaitement, car en allaitement, j'ai su trouver mon chemin, en m'informant par moi-même. Les animatrices LLL ont beaucoup de respect pour les mères et les familles qu'elles rencontrent, leur soutien est bénévole en plus... et au départ elles sont des mamans comme nous ! C'est bizarre qu'on s'en prend à LLL et pas à l'OMS... oui, 2 ans minimum ! L'enfant n'est pas prêt à 6 mois pour manger comme un adulte ! Même à 3 ans 1/2, l'allaitement assure que l'enfant a ce dont il a besoin, même si il ne veut pas manger... il tète et est très peu malade... bref, tu sais tout ça.

Ton mari a besoin de temps et d'être rassuré. On ne voit pas beaucoup de bambins allaités en France car les mères restent discrètes aussi car notre culture ne valorise pas l'allaitement normal et encourage le sevrage précoce. Rien qu'en Angleterre j'ai une amie qui nous raconte son suivi de grossesse, on lui a proposé accouchement médicalisé, ou accouchement salle nature ou accouchement à la maison... et elle nous dit comme elle se sent moins oppressée dans sa maternité car il n'y a pas de pub de LA partout, mais des affiches sur le cododo, le peau à peau etc... tu vois, juste en Angleterre ! On va pas si loin !

De plus en plus de mères s'informent grâce à internet, et veulent allaiter normalement, donc plus de 6 mois et même après la reprise du travail, elles commencent à savoir qu'allaiter dans la souffrance n'est pas normal, que porter le bébé est bon pour lui, avec un porte bébé physiologique etc... les mères s'informent et reprennent le contrôle de leur maternage sans se laisser pousser au sevrage.

LLL permet aux mères qui le souhaitent d'allaiter si elles veulent, ça permet d'avoir le choix. Nous avons beaucoup de chance dans notre pays d'avoir ce choix. Donner notre lait ou du lait en boîte, donner avec un DAL ou avec une softcup ou le biberon, dormir avec bébé ou pas etc... et ce n'est que bien informées qu'on peut faire le choix qui nous convient.

Donc avec ton mari, il faut discuter de ce que vous voulez pour votre famille, en discuter avec une animatrice LLL peut aider, ton mari ne va pas se faire mordre... au contraire, une animatrice LLL aide aussi les papas. Mais même si il ne va jamais à une réunion papa, mon mari aussi, mais c'est pas grave, il fait son chemin à son rythme aussi et le stress diminue quand il voit sa femme heureuse et ses enfants en bonne santé. La pression extérieure est difficile à gérer et si je peux éviter ça, c'est moins de stress pour nous, moi aussi ça me fait du mal de devoir supporter le regards des gens qui pensent que le normal c'est le biberon en plastique... donc rester discrète m'aide aussi et donne moins de pression à l'enfant aussi. Donc allaiter au calme, discrètement, pas pour se cacher, mais pour protéger notre intimité. C'est privé, ces moments sont précieux, nos enfants grandissent si vite.

Il est très beau ton topic !

Bises
 
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Isabelle

Fontaine de lait
Alors comme lecture, il y a ceci par exemple :

L'allaitement maternel dans les terres de Gengis Khan.
De Ruth Kamnitzer
Que serait l’allaitement dans un endroit où tout le monde le pratiquerait ? Une Canadienne vivant en Mongolie en a fait l’expérience.
En Mongolie, un dicton local dit que les champions de lutte sont allaités au sein pendant au moins 6 ans,une référence qui en dit long dans un pays ou la lutte est le sport national !
Je suis partie vivre en Mongolie quand mon premier enfant n’avait que 4 mois, et j’y ai vécu jusqu’a ses 3 ans.
Elever mon fils ses premières années de vie dans un environnement où les regards sur l’allaitement maternel sont radicalement différents des normes dominant en Amérique du Nord, m’a ouvert les yeux sur une vision totalement différente de celle que j’aurais pu avoir chez moi.
Non seulement les Mongols allaitent longtemps, mais ils le font avec plus d’enthousiasme et avec moins d’inhibition que quiconque d’autre au monde . En Mongolie, le lait maternel n’est pas seulement pour les bébés. Le lait de mère n’est pas seulement une question de nutrition et ce n’est certainement pas un sujet tabou ! Après tout, c’est ce dont est fait Gengis Khan.
Comme beaucoup de jeunes mamans, je n’avais pas beaucoup réfléchi à l’allaitement avant d’avoir un enfant. Mais quelques minutes après que mon fils Callum pointa le bout de son nez, il s’accrocha à mes seins et sembla par la suite être déterminé à ce que ça n’arrête jamais. J’ai eu de la chance parce que l’allaitement maternel à démarré facilement pour moi. Je n’ai jamais eu de crevasses, et rarement les seins engorgés. Mais dans ma tête, les choses n’étaient pas aussi simples.
Autant j’aimais mon bébé et valorisais le lien de l’allaitement maternel, autant , par moments, je le trouvais pesant.
Je n’ai pas été préparée à l’ampleur de mon amour pour lui, ou à l’intensité de son besoin pour moi et moi seule, et pour mon lait.
« Ne le laissez pas faire de vous une tototte humaine ! » m’avait avertie une infirmière canadienne à peine quelques jours après la naissance de mon fils alors qu’il tétait des heures d’affilée.
Mais alors que je parcourais toutes les raisons possibles de ses pleurs… Gaz, couche mouillée sous-stimulation, sur-stimulation ? Je finissais généralement par donner le sein a nouveau, je me demandais si j’agissais au mieux et je me mettais constamment en doute.
Puis, j’ai déménagé loin du Canada, en Mongolie ou mon mari faisait une étude sur la faune. Là-bas les bébés sont constamment enveloppés dans d’épaisses couvertures, ficelés comme des paquets qu’on n aimerait pas voir tomber en morceaux si on les envoyait par la poste. Quand le paquet murmure on lui met le sein dans la bouche. Les bébés ne sont pas changés très souvent, on ne les fait jamais roter, leurs mains ne sont pas disponibles pour attraper un hochet et on ne les met jamais a plat-ventre.
Ils restent enveloppés pendant au moins 3 mois et chaque fois qu’ils font un bruit, ils sont mis au sein.
Ce fut très intéressant pour moi !
A l’âge de 3 mois, les bébés canadiens ont déjà une vie sociale. Certains prennent des cours de natation, d’autres apprennent même a s’auto-apaiser.
J avais supposé qu’il y avait de nombreuses raisons aux pleurs des bébés et que mon rôle était de les comprendre et de leur trouver une solution mais en Mongolie il n y a qu’une seule solution : le sein. Alors j’ai fait pareil !

Un sein fonctionnel en ville
Au Canada une certaine mystique entoure encore l allaitement mais, en réalité, on n’y est tout simplement pas habitué ! L allaitement se passe à la maison, dans des groupes de mères, parfois dans des cafés mais on le voit rarement en public et nous n’avons pas le souvenir d’avoir été allaités nous-mêmes .Cet acte privé entre la mère et l’enfant est, le plus souvent, accueilli par un silence et un regard détourné. Comme les regards envers les démonstrations publiques d’amour des couples. Ce n’est pas vraiment tabou, juste un peu troublant et poliment ignoré. Puis lorsque l’angélique nouveau-né devient, lui même un bambin, avec l’intention précise de faire savoir exactement ce qu’il fait, et comment, alors les regards sont détournés un peu plus rapidement, et parfois même sous des sourcils froncés.
En Mongolie, quand on allaite, on n’est pas envoyé vers les toilettes publiques ou les « salles de repos pour femmes » mais on est en plein milieu de la scène.
Le pratique des Mongols est d’allaiter partout, n’importe où, à n’importe quel moment. Ce fait, couplé avec le fait que les Mongols vivent en grande proximité entre familles fait qu’à peu prés tout le monde est familier avec la vision des seins « fonctionnels ». En Mongolie, tout le monde était heureux de voir que j’allaitais à leur façon (ce qui est bien sur, la bonne façon de s’y prendre !)
Quand j’allaitais au jardin public, les grands-mères me régalaient avec les anecdotes des douzaines d’enfants qu’elles avaient allaités. Quand j’allaitais dans les taxis, les chauffeurs me jetaient un regard complice, en levant leur pouce et m’assuraient que mon fils allait bien grandir et être un bon lutteur. Quand je faisais le marché, avec mon fils scotché au sein, les vendeurs me faisaient de la place à leur stand et encourageaient Callum à boire bien et beaucoup !
Au lieu de détourner leurs regards, les gens se penchaient en avant, tout prés de mon fils qui tétait pour lui donner un bisou sur la joue ! Si jamais Callum lâchait le sein en réponse, et que mon lait jaillissait en plein milieu d’une éjection, personne ne manifestait le moindre signe de gène. Simplement ils essuyaient leur nez, et riaient de satisfaction pour mon fils, visiblement bien nourri !
Depuis les 4 mois de mon fils, jusqu’à ses 3 ans, que j’aille n’importe où, j’entendais le même discours : « L’allaitement maternel est le meilleur aliment pour votre fils et la meilleure chose pour vous. ». L’approbation permanente, constante, m’a fait sentir que je faisais une chose très importante, qui comptait pour tout le monde. Exactement le genre d’applaudissements publics dont chaque jeune mère a besoin.

L’arme secrete de chaque mère paresseuse.
Quand Callum a eu 2 ans, j’ai pris conscience de l’étendue de l’utilité de l’allaitement maternel. Rien n’endort un enfant aussi rapidement, ni ne rompt l’ennui des longs voyages ou du temps passé dans les files d’attentes, ni ne calme une tempête de frustration aussi vite qu’un peu de lait chaud de maman. L’allaitement maternel est l’outil de parentalité le plus efficace et, à l’âge de 2 ans, j’avais l’impression que je l’utilisais a sa pleine puissance mais les Mongols, l’utilisent a un niveau bien supérieur.
Pendant les rudes hivers, enfermée dans les Yourtes pour éviter le froid glacial, j’ai passé de longues heures, avec ma copine Tsetsgee. Ce fut une expérience très riche pour moi car cela m’a fait comprendre que la parentalité varie en fonction de la culture, mais que la biologie reste la même.
Dés le début d’un désaccord entre nos bambins, au sujet d un jouet ou d autre chose, ma première réaction en tant que Canadienne, était de ramener la paix en distrayant Callum, mon fils, avec un autre jouet, tout en lui expliquant les principes de partage.
Cette technique prend du temps, nécessite un effort, et son taux de réussite n’est que de 50%. Lors des tentatives ratées Callum , à l’âge de 2 ans, ne comprenant pas les principes de partage, se mettait très en colère. Sa frustration se manifestant par des hurlements et des efforts pour se libérer de mes bras. Alors, je le prenais dans mes bras, le berçais et lui proposais le sein.
Tsetsgee, elle, avait une approche typiquement Mongole : dés le premier murmure de mécontentement, elle soulevait son T-shirt, et commençait à balancer ses seins avec enthousiasme en appelant son fils : « viens vers maman mon chérie, regarde mon amour ! Regarde ce que maman a pour toi ! ». Alors son fils regardait droit vers ses aréoles comme une cible, et systématiquement quittait la scène de désaccord et trottinait vers elle.
Son taux de réussite était de 100%.
Époustouflée par son taux de réussite, j’ai appliqué la même méthode!
Voilà, nous étions deux jeunes mères, agitant nos seins comme deux stripteaseuses en compétition, tentant de gagner la faveur d’un client !
Si les grand-mères étaient présentes, elles entraient dans la compétition. Les pauvres bambins ne savaient pas quelle paire de seins choisir : la plénitude et la douceur des seins de leur propre maman ou les vieux gants de toilette de leur grand-mère adorée qui tentait de gagner la reconnaissance et l’appréciation de ses petits-enfants ? Quelquefois, les grands-pères, essayaient de rentrer dans la compétition en pinçant dans leur main leurs faibles masses de graisses, enviant les seins des femmes pour leur efficacité.
Je ne peux même pas imaginer une seconde, les mères des réunions LLL osant les mêmes techniques de négociation de paix avec leurs enfants.

Quand ils marchent et parlent et passent leurs examens ?
Lors des cours de préparation à la naissance que j’avais suivis dans la petite ville du Canada où Callum est né, l’allaitement avait été présenté par le biais d’une vidéo montrant une Suédoise particulièrement sportive, allaitant son bambin au milieu de sa journée de ski. Les futurs mamans avaient été très secouées. Bien sûr, allaiter un bébé c’est bien, mais quand ils marchent, et parlent, hors de question ! C’était la réaction du groupe, mais moi, je ne savais pas trop quoi en penser.
Je fus surprise a mon tour quand, un jour, une de mes jeunes amies Mongole me dit qu’elle avait tété jusqu’à l’âge de 9 ans ,j’étais sidérée ! Au départ j’ai pris ça pour une blague. Plus tard, mon fils s’est sevré peu après ses 4 ans. Rétrospectivement, donc, je me suis trouvee un peu dans l’embarras du fait que j’ai été incrédule à l’époque.
Bien que 9 ans soit un âge bien avancé pour téter sa mère même sur une échelle mongole, ce n’est pas un cas unique ou exagéré sur une échelle planétaire.

Bien que le thème du sevrage naturel, entamé par l’enfant, ne soit pas un sujet facile à aborder avec les Mongols a cause de la barrière de la langue, il semble que ce soit la norme en Mongolie.
Je n’ai jamais rencontré une maman qui allaitait en « tandem » ou qui pratiquait le « co-allaitement » ce qui m’avait surpris à l’époque, mais il faut dire que les naissances sont bien espacées. La majorité des enfants se sèvrent entre 2 et 4 ans. (* note 1) En 2005 selon UNICEF 82% des enfants en Mongolie tétaient toujours à l’âge de 12 et 15 mois et 65% tétaient encore à 20 et 23 mois. Typiquement, le dernier-né, sans nouvelle grossesse, continue de téter sans limite d’âge. Voilà ce qui explique donc l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de 9 ans de mon amie Mongole. Si on croit à la sagesse des Mongols, la durée de l’allaitement maternel est directement corrélée au succès à la lutte !
A l’âge de 3 ans, Callum tétait encore avec le même enthousiasme qu’un nouveau né et je me demandais comment le sevrage naturel allait être possible. Je me demandais quels étaient les motifs de sevrage des enfants. Beaucoup de mamans disaient que leurs enfants n’étaient plus intéressés par le sein. D’autres disait que la pression des autres enfants jouaient un rôle. (il est vrai que j’ai entendu certains enfants en provoquer d’autres, en leur disant sur un ton moqueur « tu veux téter ta mère ? » de la même façon que j’entends les enfants Canadiens se traiter de « poule mouillée ».
De plus en plus souvent, les contraintes professionnelles forcent un sevrage du sein plus tôt qu’il n’aurait eu lieu naturellement. Les enfants passent souvent les étés à la campagne pendant que leur mère allaitante reste en ville pour travailler. Souvent, les séparations prolongées font tarir la production de lait. Ma copine Buana, qui a aujourd’hui 20 ans, m’a expliqué comment elle à réussi sa carrière de têteuse médaille d’or. « j’ai grandi à la campagne. On vivait dans une yourte traditionnelle. Ma mère m’a toujours dit de bien boire son bon lait parce que c’était très bien pour ma santé. Je pensais que tous les enfants de 9 ans tétaient leur mère. Quand j’ai commencé le collège, loin de la maison, j’ai arrêté de téter. » Puis elle me regarda droit dans les yeux et elle me dit avec un clin d’œil « mais j’aime bien le boire de temps en temps. »
Passez le lait s’il vous plait.
Dans ma perception de l’évènement, le sevrage du sein se passait de façon relativement simple, sur le plan technique. J’imaginais que les tétées allaient décroitre en nombre et en fréquence, et continuer ainsi jusqu’à ce que mon enfant oublie complètement de téter. Mon lait allait se tarir et ce serait la fin de l’histoire. La boutique fermerait ses portes.
En Mongolie, le sevrage ne se passe pas tout à fait comme ça.
En discutant sevrage avec ma copine Naraa, je lui ai demandé l’âge auquel sa fille, âgée de 6 ans à l’époque s’était sevrée. Elle me répondit « A l’âge de 4 ans. Je fus très triste, mais ma fille ne voulait plus téter. » Puis Naraa me dit que la semaine précédente sa fille était rentrée d’un séjour prolongé à la campagne avec ses grands-parents et qu’elle avait voulu téter. Naraa en fut heureuse et me dit « je pense que je lui ai beaucoup manqué. C’était bien, c’était beau. Bien sûr, je n’avais plus de lait, mais cela n’a pas dérangé ma fille. »
Si sevrage par définition veut dire qu’on ne tète plus jamais le sein de sa mère, alors les Mongols ne sont jamais vraiment sevrés. Voici une pratique culturelle qui m’avait étonnée.
Si une maman a un engorgement et qu’aucun bébé ne se trouve a portée de sa main, elle fait le tour de tous les membres de sa famille , peu importe leur âge ou leur sexe, en leur demandant s’ils veulent bien boire un peu d’élixir !
Souvent une femme va exprimer un bol de son lait pour son mari, en guise de gâterie, ou en laisser au frigo pour que quelqu un puisse se servir.
Bien qu’on ait toutes dégusté notre propre lait pour une raison ou une autre, ou qu’on l’ait fait goûter a nos partenaires, ou peut-être ajouté à un café en cas d’urgence, je ne pense pas que beaucoup d’entre nous en aient bu très souvent.
En revanche, chaque Mongol a qui j’ai pu poser la question de savoir si il ou elle aime le lait maternel, m’a systématiquement répondu par l’affirmative. La valeur du lait humain est si célèbre et si fermement ancrée dans leur culture qu’il est considéré bon, non seulement pour les bébés, mais bon tout court.
Le lait humain est souvent utilisé pour ses effets médicinaux, donné aux personnes âgées, en traitement « tous usages » et utilisé pour guérir la conjonctivite, ainsi que pour rendre (paraît-il) le blanc des yeux plus blanc, et le marron plus foncé.

Une copine Occidentale qui tirait son lait au travail avait laissé le récipient contenant son lait dans le frigo commun sur son lieu de travail pendant la journée. Elle l’a récupéré à moitié vide. Elle a ri en disant « Ce n’est qu’en Mongolie qu’on peut soupçonner ses collègues de bureau d’avoir bu son lait ! ».
Avant tout, je pense que les Mongols boivent le lait maternel pour son goût. Une copine occidentale qui tirait son lait au travail avait laissé le récipient contenant son lait dans le frigo commun sur son lieu de travail pendant la journée. Elle l’a récupéré à moitié vide. Elle a ri en disant « Il n y a qu’en Mongolie qu’on peut soupçonner ses collègues de bureau d’avoir bu son lait ! ».
S’intégrer dans une autre culture a pour effet perturbant de se forcer a réévaluer sa propre culture. Je ne sais pas comment j’aurais vécu l’allaitement de mon fils chez moi, dans mon propre pays. La véritable avalanche de soutien et de renforcement que j’ai reçue en Mongolie et l’acceptation voire le respect total de l’allaitement en public m’a tout simplement époustouflée et m’a donné la confiance et la liberté de nourrir et d’élever mon fils de la manière que je sentais comme étant la meilleure pour lui et pour moi, sans qu’on me mette des bâtons dans les roues.
Il y a bien sûr des différences évidentes dans les normes d’allaitement (fréquence, durée etc.) mais j’ai fini par comprendre qu’il y en avait une plus grande dans notre approche de la parentalité et nos définitions de l’autonomie, et de l’indépendance.

En Mongolie, l’allaitement maternel n’est pas pas considéré comme une « dépendance » et le sevrage n’est pas un but.

En Amérique du nord, nous valorisons tant l’indépendance, que cette attente à une influence sur notre façon d’élever nos enfants. Nos discussions en tant que parents sont toujours basées sur les étapes du développement de l’enfant telles que l’alimentation solide, le nombre de tétées par jour, le nombre d’heures de sommeil et la durée maximale de séparation tolérée.
Même si nous ne nous posons pas ces questions il est difficile d’échapper à leur impact. Il existe un véritable marché de l’équipement pour bébé qui envoie un message très clair qui est que l’enfant doit pouvoir se passer de sa mère.

En Mongolie, l’allaitement maternel ne signifie pas dépendance et le sevrage du sein n’est pas un but. Les Mongols savent que leurs enfants vont grandir. En réalité, le Mongol moyen, âgé de 5 ans, est beaucoup plus indépendant de sa mère que n’importe quel enfant occidental, allaité au sein ou pas. Il n’y a pas lieu de faire une course au sevrage.

Elever mon fils en Mongolie m’a permis de me rendre compte qu’il y avait en vérité des millions de façons de faire, et que j’avais l’embarras du choix. Pour la durée de « carrière de téteur » j’ai dû faire face a une multitude de défis, essayer et laisser beaucoup d’idées reçues et de pratiques populaires jusqu’à ce que je trouve mon propre style. Je suis ravie d’avoir allaité Callum aussi longtemps. Je n’aurais jamais cru qu’il allait téter 4 ans ! Je suis convaincue que l’allaiter est le meilleur investissement que j’aie pu faire pour mon fils et que l’allaitement jusqu’à son sevrage naturel aura un effet permanent sur sa confiance, sa personnalité, le fait qu’il se sente en sécurité ainsi que sur notre relation mère-fils. Puis quand il gagnera la médaille d’or en lutte, j’attendrai qu’il me remercie.
°Note : 1 : Unicef Childinfo : « Monitoring the Situation of Children and Women, Infant and Young Child Feeding 2000-2007» (January 2009) www.childinfo.org/breastfeeding_countrydata.php

Article original de Mothering Magazine. N° 155 juillet-aout 2009

Et bonus :

Lettre ouvert à Aldo Naouri de Dr Marc Philliot.
Coordination Française pour l’Allaitement Maternel
Coordination Française pour l’Allaitement Maternel Siège social : 22 rue Chènedollé - 14500 Vire
Secrétariat de l’IHAB : 12 Rue Parmentier - 33510 Andernos les Bains – Tél. : 05 56 82 07 59
Président : Dr Marc Pilliot – 40, rue du Docteur Leplat – 59150 Wattrelos – Tél. : 06 11 96 13 13

le 07 Mai 2004
Dr Marc PILLIOT Wattrelos, Président de la CoFAM

Ceci est une lettre ouverte à

Mr le Docteur Aldo NAOURI
6 rue Campo Formio
75013 PARIS

Monsieur,
Dans L’Express du 19 avril dernier, et dans le « Elle » du 26 avril, vous lancez un cri d’alarme contre la toute-puissance des mères.
Et je suis abasourdi par vos propos culpabilisants.
Je suis pédiatre comme vous, un pédiatre de terrain qui a travaillé des années en néonatalogie et qui exerce maintenant dans l’une des rares maternités en France qui soient « Amies des Bébés », alors qu’il y en a plus de 50 au Royaume-Uni, plus de 500 en Europe, et environ 18000 dans le monde. Président de L’ENVOL, je vous avais convié à Lille, il y a plusieurs années, pour un congrès auprès des professionnels de l’enfance. Actuellement Président de la CoFAM (Coordination Française pour l’Allaitement Maternel), c’est à ce titre que je vous écris aujourd’hui.
Vous lancez un cri d’alarme contre la toute-puissance des mères.
Quant à moi, je lance un cri d’alarme contre la toute-puissance des médecins. C’est surprenant de voir le nombre de médecins qui donnent des avis sur le lien mère-enfant.
C’est déconcertant de voir si peu de psychiatres investir les maternités et les services de néonatalogie. Et pourquoi si peu de psychanalystes ont écrit sur l’allaitement maternel, alors qu’il s’agit d’un moment formidablement riche pour l’observation de l’établissement des liens ? Et tous ces professionnels donnent des avis péremptoires, sans appui scientifique !
Quels sont donc leurs peurs et leurs fantasmes pour agir de la sorte ? Avant de vouloir donner des conseils, les médecins devraient être attentifs à leurs mouvements internes, leurs croyances, leurs hésitations. Dans ce sens, le livre « L’art d’accommoder les bébés » de Mmes Delaisi de Parseval et Lallemand est une extraordinaire leçon de modestie pour qui veut donner des conseils aux parents.
Certes, je suis en plein accord avec vous lorsque vous vous inquiétez : «depuis quelques décennies, les petits n’ont jamais été en si bonne santé physique, mais ils présentent une quantité impressionnante de troubles de langage, d’apprentissage, de comportement, etc…».
Certes, beaucoup de mères « sont mues par une inquiétude excessive » et «ont besoin de sursatisfaire leur enfant». Mais, que diable, pourquoi accuser les mères d’être toutespuissantes et les pères de ne plus savoir s’y opposer !
Regardons plutôt comment la Médecine et la Société ont transformé la naissance et les premières années de l’enfant. «On a mis de la technologie là où il y avait de la sensorialité» (Boris Cyrulnik). Tous les repères sensoriels, affectifs, psychologiques, voire sociaux sont perturbés par notre façon d’accueillir les bébés :
• L’hypermédicalisation de la grossesse fait croire aux mères qu’elles peuvent être dangereuses et leur fait perdre confiance en elles-mêmes.
• La naissance dans les maternités est souvent un ensemble de non-sens
physiologiques et psychoaffectifs destructeurs des liens. Bien peu nombreux sont les endroits où il y a un respect des désirs des parents et de leur projet autour de la naissance, un respect des rythmes et de la physiologie du nouveau-né, un respect de la proximité mère-enfant et du «peau contre peau» pourtant si fondamentaux dans l’établissement des liens chez tous les mammifères.
• Tout est fait en maternité pour qu’une maman qui veut allaiter ne réussisse pas son allaitement, augmentant ainsi son manque de confiance en elle. En France, nous avons un véritable vide de formation et d’information des professionnels qui laisse la place à toutes les projections personnelles, d’où les injonctions et les diktats plutôt que les conseils ou « l’accompagnement ». Ainsi vos propos vont à l’encontre de tous les travaux scientifiques récents et de tout ce que préconise l’ANAES.
• Enfin, tout est organisé dans notre société pour des séparations précoces, au risque de créer des frustrations chez les parents et des angoisses chez les nourrissons et les jeunes enfants. Le père a autre chose à faire que de couper le cordon à la naissance. Pourquoi culpabiliser les parents qui vivent en proximité avec leur jeune nourrisson ? Pourquoi celui-ci devrait-il aller en crèche déjà à deux mois, au risque d’attraper une bronchiolite ? Pourquoi mettre un enfant à l’école à deux ans?
Pas étonnant, avec tout cela, qu’on se retrouve avec des parents qui ont perdu confiance en eux et qui ne savent plus s’y prendre ! Pas étonnant qu’on crée de l’angoisse, y compris chez les bébés, en provoquant de telles séparations dès le début de la vie ! Pas étonnant qu’il y ait autant de frustrations de toutes parts ! Et comment rattraper tout cela, sinon en cherchant à compenser par des surprotections et/ou des incapacités de donner des limites pendant les années suivantes?
Oui, je lance un cri d’alarme contre la toute-puissance des médecins.
Mères, Pères, ne vous laissez pas influencer par ces psys et ces éducateurs pressés de rendre votre enfant autonome. Pour s’épanouir, l’enfant a besoin d’un «long bain maternel».
Le maternage permet d’aborder l’enfant comme une personne inachevée, encore immature.
Il permet d’exprimer une certaine « bonneveillance » comme le précise le Dr Daniel Marcelli. Le maternage permet aux parents de trouver leurs marques et au nourrisson d’être sécurisé dès le départ. C’est ensuite seulement que viendra l’éducation, avec le rôle maturant de la frustration. Vos propos sont des « empêcheurs de maternage ». Vous culpabilisez les parents et vous les mettez dans l’incapacité d’agir. Votre vision de l’autorité parentale est manichéenne. «L’autorité ne doit plus être sexuée ; les hommes ont le droit d’être affectueux ; et les femmes ont le droit d’énoncer la Loi» (Boris Cyrulnik)
L’allaitement maternel est un moyen d’échapper à toutes ces déviances de notre Société… C’est une très bonne école pour apprendre à lâcher prise, pour respecter les rythmes biologiques, pour être à l’écoute de son enfant, mais aussi à l’écoute de soi-même.
Contrairement à ce que vous affirmez, les enfants nourris longtemps au sein sont plus facilement autonomes. Winnicott insistait déjà sur cet « espace transitionnel » qui permet à l’enfant de progressivement se construire.
C’est pourquoi le label «Hôpital Ami des Bébés» (traduction de Baby Friendly
Hospital), créé par l’OMS et l’UNICEF, est un extraordinaire outil pour les professionnels de maternité et au profit des parents. Cela oblige les professionnels, toutes spécialités et grades confondus, à réfléchir sur la nature et les objectifs des soins. Tout en restant très vigilant sur les soins médicaux et la sécurité, c’est une démarche centrée sur l’enfant et sa famille, et non plus sur les soignants et l’organisation du service. Cela oblige donc à une forte remise en question des gestes et des habitudes pour respecter la physiologie et les rythmes biologiques de l’enfant et de sa mère (allaitante ou non), et pour répondre le mieux possible aux besoins de tous les nouveau-nés, allaités ou non.
Alors la famille retrouve ses repères, les parents sont plus confiants en leurs capacités, les allaitements sont plus réussis et plus longs (Radford 2001 ; Cattaneo et al 2001), et même les risques de sévices sont très nettement diminués (Acheson 1995 ; Lvoff et al 2000 ; Strathearn 2002). Quant au soignant, il retrouve sa vraie place :
- ne pas juger, ne pas fustiger, ne pas culpabiliser, ne pas nuire ;
- mais plutôt observer, surveiller, évaluer, sans agir si cela n’est pas nécessaire ;
- soutenir, accompagner, encourager, être « avec… » et non pas « à la place de… »
Voilà pourquoi vos propos m’ont indigné et je m’insurge d’autant plus que votre médiatisation peut leur donner du poids.
De grâce, restons modestes et arrêtons de culpabiliser les mères en général et celles qui allaitent en particulier. De grâce, laissons les parents vivre leurs émotions sans avoir peur d’être jugés par un « spécialiste ». Et de grâce, si nous nous prétendons spécialistes, faisons en sorte que nos propos soient fondés sur des preuves scientifiques.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes salutations distinguées.
Dr Marc PILLIOT
Président de la CoFAM
Président de L’ENVOL
Pédiatre à la Clinique Saint-Jean de Roubaix
2ème maternité en France à avoir obtenu le Label « Ami des Bébés » décerné par l’OMS et l’UNICEF

http://www.allaitementpourtous.com/teacutemoignages.html
 
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Annaëlle

Hyperlactation
Coucou ssof,

Merci pour le compliment sur les photos! j'ai pas mal galérer en fait. Peut-être qu'on voit mieux car c'est un frein de type 2 donc bien visible. Sinon bébé pleurait, j'en ai profité pour la photo avant le calin le pauvre! (c'est les dents, toujours les dents!).
Si tu attends qu'elle pleure, tu verras qu'elle lèvera la langue.

Pour ton mari, c'est allaiter un bambin en public qui lui pose problème? Pour le moment votre bébé est encore petit, il a le temps de s'y habituer!
J'habite au Maroc et même si je sens les gens plutôt "cool" voir agréablement surpris quand je dis que j'allaite, il n'est pas question ici d'allaiter au public. En effet, surtout dans la région ou j'habite (plutôt reculée) même les hommes ne montrent pas leur peau, alors un sein!!!!! Impensable!!
Mais ça ne m'empêche pas de sortir, je trouve toujours un endroit tranquille pour allaiter. Et même si l'idée de pouvoir allaiter en public est séduisante, finalement j'aime bien aussi le faire au calme (surtout qu'à 6 mois, un rien déconcentre mon bébé!).
Comme le dit Isabelle, c'est notre moment, on se pose, et éventuellement il s'endort.
J'espère que tu pourras trouver un compromis avec ton mari pour que tout le monde trouve son compte.
T'a-til dit pourquoi il trouve ça aussi "rebutant" d'allaiter un bambin en public? Ca peut être intéressant qu'il creuse un peu, si ça se trouve il va se rendre compte que ce n'est pas si grave que ça!!
 

ssof

Période de pointe
Encore merci pour toutes ces lectures qui permettent de faire notre choix, quel qu'il soit. Cela nous donne une ouverture d'esprit qui augmente la confiance en soi.

Ici, nous manquons de cette ouverture d'esprit. J'ai discuté justement avec une copine au sujet d'allaiter un enfant qui n'est pas le sien. Elle en serait incapable m'a-t-elle dit. Et pourtant elle a allaité ses 3 enfants plus longtemps que moi.

Personnellement, je m'en sentirais capable, même si je ne l'ai jamais fait lol. J'aimerais d'ailleurs qu'une maman allaitante soit d'accord pour allaiter ma fille, si par malheur je ne pouvais le faire moi même.

Je pense que c'est notre manque d'ouverture d'esprit qui nous font voir l'allaitement comme pesant, parfois. Et oui, c'est pesant lorsqu'on se dit qu'on est la seule à pouvoir nourrir notre enfant de lait maternel. Dans d'autres cultures ils ont bien compris que le lait maternel est une nourriture comme une autre, tout aussi seine.

J'ai goûté mon lait, je ne l'ai pas aimé, mes grandes l'ont goûté aussi, sans le trouver bon. Je pense que, peut-être, si nous avions vécu en Mongolie, nous l'aurions trouvé bon lol !

Chacun a beaucoup à apprendre, en entrant en contact avec d'autres cultures.

Mon rêve : que chacun puisse se sentir respecté, écouté, compris. Qu'il n'y ait ni toute puissance des mères, ni toute puissance des médecins.

Après tout, un enfant, dès l'instant ou il sort du ventre de sa mère, vit en société. Si l'on pouvait davantage suivre notre instinct, chacun, je pense que les choses iraient mieux.

C'est pas demain la veille, mais, grâce à ce genre de lecture, on peut dire que ça devient possible...
 
Dernière édition:

ssof

Période de pointe
Annaelle je n'avais pas lu ton message avant de poster le mien lol.

Tu as raison, je suis d'accord avec toi. Je pense que ce qui le rebute c'est le regard des gens, l'opinion de nos parents, nos frères et soeurs etc...je suis la seule dans mon entourage à allaiter aussi longtemps (tu parles, seulement 6 mois pour amandine...), alors tu imagines, pas facile pour lui de penser autre chose.

J'espère que les choses pourront évoluer dans le bon sens.

Ici, même quand elle pleure elle montre pas le dessous de sa langue lol ! Quelle coquine. Mais de toute façon, elle ne pleure jamais (mdr).
 

Annaëlle

Hyperlactation
Hi hi hi!! Le mien non plus ne pleure pas beaucoup!! ;-) Mais il râle pour les dents et si je le laisse ça se termine en pleurs!
Bon courage pour changer le regard des gens autour de toi... oui c'est fou que 6 mois d'allaitement ça paraisse énorme!
Moi j'en suis à 6 mois et je me dis que ce n'est que le début! (bon je ne pensais pas ça avant!).
 

Isabelle

Fontaine de lait
Pour les 6 mois de Paul, lors de la relactation, mon beau-père ne supportait pas que j'allaite, il a même quitté la table en colère. Paul a maintenant 3 ans 1/2, il s'est habitué. Comme quoi ! Mes 2 enfants sont allaités mais je n'allaite plus Paul en public depuis longtemps. Il arrivait encore quand il avait 18 mois de dormir en écharpe avec le sein, mais avec la grossesse et les tétés douloureuses, le sevrage partiel a bien marché, Paul patiente et ne tète que à la maison. Reste la petite, mais elle n'a que 8 mois.

Bises
 

ssof

Période de pointe
Tu as beaucoup de mérite d'avoir pu allaiter selon ton souhait avec tout cet environnement hostile. Tu es très courageuse.

Après une longue absence, me revoilà sur le forum.

Les nouvelles pour l'allaitement sont bonnes, mes douleurs se font très rares et disparaissent en quelques jours sans rien faire.

L'ostéopathe a vu Charlotte, elle avait une légère tension dans la mâchoire, mais arrive bien à ouvrir grand la bouche quand même, donc, d'après lui, les pincements sont volontaires et il m'a conseillé de revoir ma consultante en lactation.

Je l'ai eu au tél, mais pour autre chose, en fait, maintenant, je fais face à une déprime, que j'espère passagère.

Je lui ai donc demandé si elle connaissait un psy pro-allaitement. C'est quasiment impossible à trouver, du moins dans ma région, semble-t-il.

Cette déprime a pour effet des insomnies et un manque d'appétit. Ca + le fait que Charlotte fasse déjà ses nuits m'inquiète beaucoup car je risque une baisse de lactation qui ne pourrait qu'aggraver ma déprime, bien sûr.

Aucun soutien évidemment du côté de mon mari qui, de toute façon, n'a pas fait grand cas de mes larmes aux yeux que j'essayais de cacher à mes filles tout à l'heure. Il est pourtant tellement à mon écoute parfois !!!!! C'est tellement rageant de voir qu'il peut parfois être tant à l'écoute avec moi et parfois faire comme si de rien n'était !

Bref, tout petit moral ici. Sur le conseil de ma consultante, je dois tirer le lait quotidiennement, le soir, vers 22h, à peu près une heure après la dernière tété, pendant minimum un mois, pour maintenir ma lactation.

J'ai peur, d'une part, qu'il n'y ait presque pas de lait, vu que j'arrive à peine à tirer 100 ml, le matin, lorsque je suis hyper en forme...d'autre part, que mon mari me dise encore que je lui prend trop la tête avec l'allaitement, et encore aussi j'ai peur de ne pas en avoir le courage, tout simplement parce que je suis tellement épuisée, que ce soit nerveusement ou physiquement, que souvent je tombe de sommeil, ou bien j'ai des insomnies.

J'en pleure, de rage, de lassitude, de toutes ces choses qui m'empêchent d'allaiter sereinement alors que je suis certaine d'une chose : l'allaitement pourrait m'aider à me sentir bien mieux, je le sais et j'en suis sûre et certaine.

Seulement le problème c'est que je craque et que je n'en peux plus, ce qui met en péril mon allaitement en fait ! Passer au LA ne ferait qu'empirer les choses chez moi, et c'est pourtant ce qui risque d'arriver si je n'arrive pas à m'en sortir et si je continue le manque d'appétit, de sommeil, de moral.

Bref, je ne suis pas seule car j'ai la chance de vous connaître par le biais du forum, j'ai aussi la chance d'avoir ma consultante qui me soutient, seulement je me demande si j'y arriverai, sans le soutien de mes proches.

J'espère revenir avec de meilleures nouvelles la prochaine fois, et surtout, en allaitant toujours...
 

isabelle steffan

Animatrice LLL
Animatrice LLL
Tu dors beaucoup à certains moment et ut as les idées noires + une baisse de lait : ces symptomes sont parfois associés à une hypothyroidie.
En as-tu déjà parlé avec ton médecin ? T'a-t-il proposé une analyse sanguine ?
 

Annaëlle

Hyperlactation
Bonsoir ssof,
Tout petit moral en effet... C'est dur de ne pas être écoutée et soutenue par ses proches. Pourtant en effet arrêter l'allaitement ne résoudra pas les choses si ce n'est pas ce que tu souhaites.

Tu parles de voir un psy pro allaitement, s'il n'y en a pas, pourquoi ne pas aller voir un psy "tout court"?
En effet je l'ai déjà dit dans d'autres posts mais quand ça va pas, rien de mieux que d'aller "lacher" tout ça dans un lieu et à une personne qui n'est là que pour ça et revenir plus sereine à la maison. Tu peux très bien y aller en demandant à parler en priorité de tes problèmes d'allaitement et voir ensuite ou ça te mène.

La piste médicale est aussi intéressante à creuser.
Après l'accouchement j'ai eu un grand passage à vide (avec insomnies, angoisse..) mon médecin m'a donné du magnésuim (MagnéB6) et de l'euphytose. En homéopathie gelsemium 15 ch 5gr 3 fois par jour. Pour l'homéo je crois que c'est mieux que ce soit prescrit car ça dépend de chaque personne, mais ça c'est assez basique en cas d'anxiété et de troubles du sommeil.

N'hésite pas à aller voir un psy et surtout continue à nous donner des nouvelles!
 

Isabelle

Fontaine de lait
Je ne pense pas que tirer ton lait le soir soit une bonne idée, je me demande pourquoi en fait... il se peut que tu sois en hyperlactation et que ce soit justement pour ça que la petite pince, pour se protéger du flux de lait qui vient plus facilement maintenant.

Tu es traumatisée et tu as peur de manquer de lait et que ta petite ne puisse pas prendre assez de lait toute seule, mais tout ça c'est fini, elle peut téter, je t'assure... toutes tes peurs viennent aussi de tes autres allaitements, et tu as du mal à avoir confiance en les capacités nouvelles de ta fille à se nourrir toute seule, à amorcer le sein et à téter efficacement, et tu as du mal à croire que tu peux nourrir ta fille même si tes seins sont mous, et qu'ils ne sont plus en hyperlactation, normal, tu es traumatisée, c'est traumatisant d'avoir nourri un bébé avec un souci de succion, on a toujours peur qu'il manque de lait et c'est rassurant pour nous d'alterner souvent les seins pour qu'il ait plus facile.

Je t'assure que ta petite va faire des progrès, maintenant c'est le mental qu'il faut guérir effectivement.

Je te conseille d'en parler avec cette maman, elle a les mêmes peurs que toi, le même traumatisme : http://forum.lllfrance.org/showthread.php?268-Allaitement-et-portage
elle n'est pas très présente car c'est une maman qui travaille, mais tout comme toi, petit à petit elle apprend à retrouver confiance en ses capacités à nourrir et à comprendre sa fille, comme sa fille découvre que le sein lui donne du lait autant qu'elle veut, même le sein qu'elle ne pouvait pas téter avant.

Bon courage, tu sais que tu peux vider ton sac ici, c'est aussi fait pour ça... tu as d'autres enfants, tu es fatiguée, tu sors d'une épreuve difficile et c'est pas évident de tourner la page et de croire que ça y est, c'est fini de ramer, c'est fini, tu peux allaiter, la petite peut téter !!!! Tu as peur de la reprise du travail, c'est normal, mais tu verras, la petite va se débrouiller, elle sera une super championne !!! Tu n'as plus rien à faire que la laisser au sein, et ne pas trop alterner pour qu'elle apprenne à amorcer un sein déjà bien drainé, donc un sein qui n'est plus en hyperlactation, elle peut le faire maintenant !!!

Souffles un bon coup, petit à petit, tu vas bien finir par voir que ta fille arrive à téter... petit à petit, tu seras obligée de constater ses progrès, même si tu ne tires plus ton lait, ta fille est plus efficace que le tire lait maintenant, et si elle dort la nuit, elle dort !!! Si elle a faim, elle tètera, et si elle mange à table, ben elle mange... tu peux allaiter, sans le tire lait maintenant, ta fille peut entretenir ta lactation toute seule maintenant !!! Même si tu travailles !!!

Tu tires un peu le soir, ce ne doit pas être source de stress, c'est juste pour te rassurer car tu es traumatisée et tu as peur de manquer de lait, je ne pense pas que c'est un besoin "de lait", juste un besoin "de reconfort", pour te rassurer je pense, pour faire un petit stock au congel ?

Tu as le sommeil détraqué, moi aussi j'ai eu des insomnies, petit à petit, tu vas reapprendre à dormir, peut-être dormir vers le bébé t'aiderait, si tu sais que tu peux lui proposer le sein facilement, peut-être tu dormiras mieux...

Ta lactation va revenir super bien quand la petite va enfin arrêter de pincer et apprendre à amorcer le sein qui n'est pas en hyperlactation. Il faut calmer la lactation pour qu'elle cesse de se protéger du flux trop fort de lait. Elle peut le faire !!! Tu peux la garder au sein, tu restes au lit avec elle, devant tes dvd avec tes filles, vive Poncahontas !!! Tu laisses la petite sur le même sein pour qu'elle l'amorce 2, 3 ou 4 fois de suite !!! Tu cesses l'hyperalternance, elle peut le faire !!! Si ça va pas, tu pourras toujours proposer l'autre sein. Mais tu peux l'encourager que le sein n'est pas vide, il n'est jamais vide, il faut juste un peu de patience pour faire venir le lait, il y a du lait !!! Montre lui qu'elle peut le faire !

Bises ma belle
 
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