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Accouchement

Mamencha

Période de pointe
Y a un peu de tout là, difficile de faire une réponse structurée.
Pour les quinolones, les effets indésirables tendineux sont réels (ça dépend fortement des indications), mais il y a de gouffre entre une tendinopathie documentée et l'emballement sur internet avec des symptômes foireux et guère spécifiques.

De mon côté, un contre exemple, les biphosphonates dans l'ostéoporose. Risque très rare d'ostéonecrose de machoire, évitable mais à peine plus qu'en population générale, 1 /100 000. Les gens en ont entendu parler, sont persuadés que le ttt Est responsable de tous leurs maux dentaires (nan, mais il.peuvent se casser une dent comme tout le monde), ou leur dentiste leur a dit qu'il ne les.toucherait plus s'ils débutaient ce ttt. Risque de refaire une fracture majeure, environ 30 à 50 pour cent selon les situations, Risque de mourir dans l'année qui suit une fracture du col, 20 pr cent pour une femme, 30 pr cent pour un.homme. deux fois plus de mortalité qu'après un infarctus, mais la perception de ce risque est erronée car on pense qu'il suffit de faire attention pour ne pas tomber...résultat, l'ostéoporose coûte plus cher à la.secu en morts, soins et handicaps que l'infarctus du myocarde.
La mortalité après les fractures du col correspond aussi (surtout ?) a des chutes sur l'aggravation d'une fragilité : fonte musculaire, trouble d'équilibre, limitation des activités, pas de rééducation préventive efficace, peu de vie sociale et de suivi médical, pas d'ajustement de traitement/ des lunettes etc...
C'est, je pense un raccourci de dire osteoporose=fracture=mort.
Bref, quelque soit le sujet, pas évident de renseigner de façon claire et complète des patients sur une consult
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Pas du tout un raccourci non, c'est un signe de fragilité très fort, le début d'une longue hospitalisation, perte de la marche parfois, dénutrition, infection nosocomiale...
Beaucoup plus grave qu'une chute sans fracture, ou avec une fracture mineure.
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Mais très schématiquement, la douleur et la sensibilité empruntent les mêmes chemins dans notre système nerveux et les racines nerveuses sont "inondees" d'anesthesiant, on ne peut pas découpler ces deux aspects, et on peut aller jusqu'au bloc moteur.
C'est bien le souci, comme on ne peut pas découpler les deux, il faut qu'on fasse un choix. Mais ce que je veux dire c'est qu'on nous demande plutôt le côté douleur et pas forcément le côté sensation : on m'a demandé si j'avais mal, réponse oui dans telle zone de mon corps. Réponse : augmentez la dose. Sans me dire que ça allait diminuer/supprimer ce qui me restait de sensations... y'a pas que l'aspect douleur qui compte quoi.

De mon côté, un contre exemple, les biphosphonates dans l'ostéoporose. Risque très rare d'ostéonecrose de machoire, évitable mais à peine plus qu'en population générale, 1 /100 000. Les gens en ont entendu parler, sont persuadés que le ttt Est responsable de tous leurs maux dentaires (nan, mais il.peuvent se casser une dent comme tout le monde), ou leur dentiste leur a dit qu'il ne les.toucherait plus s'ils débutaient ce ttt. Risque de refaire une fracture majeure, environ 30 à 50 pour cent selon les situations, Risque de mourir dans l'année qui suit une fracture du col, 20 pr cent pour une femme, 30 pr cent pour un.homme. deux fois plus de mortalité qu'après un infarctus, mais la perception de ce risque est erronée car on pense qu'il suffit de faire attention pour ne pas tomber...résultat, l'ostéoporose coûte plus cher à la.secu en morts, soins et handicaps que l'infarctus du myocarde.
C'est un très bon exemple en effet. Justement est-ce que ça ne serait pas mieux que ça soit le médecin qui en parle directement, ouvertement, plutôt que les gens en "entendent parler" via des canaux douteux.

Je me rappelle que quand j'ai eu une amniocentèse pour la grossesse du Petit Loup, la gynéco a pris le temps de m'expliquer les risques et les stats qu'on avait dessus, et ça m'a vachement rassurée.
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Si, c'est ce que je fais à longueur de temps, mais ça ne convainc pas tout le monde.
Ça dépend de l'histoire des gens, un ttt associé à un petit sur risque de cancer, même si c'est mieux que pas de ttt (y compris sur le risque de cancer justement), on a une obligation d'information mais si la personne est traumatisée parce que son fils vient de mourir d'un glioblastome, ça va être compliqué à faire accepter. Parce que le mot "cancer" va totalement éclipser le "risque<2 %", un peu comme les gens qui redoutent de monter dans l'avion par crainte des crash.
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Si, c'est ce que je fais à longueur de temps, mais ça ne convainc pas tout le monde.
Et pourtant c'est le mieux à faire. Merci de le faire pour tous ceux qui feront un vrai choix éclairé. Et qui permettront de semer des graines chez les autres. Et de manière générale dans la population, si ça devient un "fait connu" c'est aussi grâce à tous ces médecins qui ont simplement expliqué les choses calmement.
 

Bezapot

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
on m'a demandé si j'avais mal, réponse oui dans telle zone de mon corps. Réponse : augmentez la dose. Sans me dire que ça allait diminuer/supprimer ce qui me restait de sensations
Tu mets le doigt sur ce qui m’a gênée. On m’a demandé si j’avais mal, et donner la marche à suivre avec la figure d’autorité du soignant. Mais on ne m’a pas demandé si la douleur était un problème.
On ne dit pas aux gens qui courent le marathon qu’ils devraient ralentir pour être moins mal, pourtant on est clairement sur une douleur évitable.
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Et pourtant c'est le mieux à faire. Merci de le faire pour tous ceux qui feront un vrai choix éclairé. Et qui permettront de semer des graines chez les autres. Et de manière générale dans la population, si ça devient un "fait connu" c'est aussi grâce à tous ces médecins qui ont simplement expliqué les choses calmement.
Pas si simple. Il y a beaucoup de freins, de limites, dans la façon dont on explique les choses et ce que le patient est capable de comprendre; vocabulaire utilisé, disponibilité d'esprit, légitimité à poser des questions... Les études sociologiques montrent qu'il vaut mieux avoir un bon capital socioculturel pour être bien soigné ("gradient social de santé"). Même si on explique du mieux qu'on peut, tout le monde n'a pas les outils pour faire un vrai choix éclairé. Il faudrait des médiateurs non médicaux pour épauler les patients les plus fragiles dans leurs choix et démarches.
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Pas si simple. Il y a beaucoup de freins, de limites, dans la façon dont on explique les choses et ce que le patient est capable de comprendre; vocabulaire utilisé, disponibilité d'esprit, légitimité à poser des questions... Les études sociologiques montrent qu'il vaut mieux avoir un bon capital socioculturel pour être bien soigné ("gradient social de santé"). Même si on explique du mieux qu'on peut, tout le monde n'a pas les outils pour faire un vrai choix éclairé. Il faudrait des médiateurs non médicaux pour épauler les patients les plus fragiles dans leurs choix et démarches.
C'est pertinent.
J'imagine que ça devrait commencer par un solide bagage scientifique, non pas pour la science elle-même mais pour la façon de réfléchir scientifiquement.
Et des médiateurs/médiatrices scientifiques à plein de niveaux aussi, pour plein de publics...
Mais essayer d'expliquer quand même, en tant que médecin, même si ça ne marche pas c'est quand même louable, car même si on pige pas ça donne au moins l'impression que le doc essaie de nous faire comprendre quelque chose et ne cherche pas juste à se placer en Grand Sachant Au Dessus, et rien que cette attitude c'est bien.
Je sais que je suis un très bon public là-dessus (j'ai justement un bon bagage scientifique même si rien à voir avec le médical, c'est la logique qui compte), mais je pense que c'est quand même bien que les médecins essaient avec tout le monde :).
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
J'imagine que pour toi, en cs, il ne doit pas y avoir trop de souci (enfin si parce que tu es prof et tu dois probablement poser beaucoup de questions auxquelles personne d'autre n'aurait pensé, mais ça ne brouillera pas le message), csp +, formation universitaire solide...
Mais on n'est pas formé à ça, on adapte le niveau de langage à ce qu'on pense percevoir de l'autre (d'où ma propension à demander très rapidement aux gens leur profession), ce qui implique nécessairement un certain bagage de pré-jugés (pas dans le mauvais sens du terme).
ça fait douze ans que j'assure des consultations en solo, pour des maladies chroniques, et je viens de découvrir presque par hasard l'existence du FALC...
 

LaMangue

Période de pointe
Tu mets le doigt sur ce qui m’a gênée. On m’a demandé si j’avais mal, et donner la marche à suivre avec la figure d’autorité du soignant. Mais on ne m’a pas demandé si la douleur était un problème.
On ne dit pas aux gens qui courent le marathon qu’ils devraient ralentir pour être moins mal, pourtant on est clairement sur une douleur évitable.
En même temps la personne qui court un marathon est censée connaître ses limites physiques et distinguer la douleur normale de la douleur "alerte". Sinon faut qu'elle arrête le sport (ou qu'elle assume ses blessures) 😃

Je vais me faire un peu l'avocat du diable sur ce que tu décris : le soignant, avec ou sans figure d'autorité, il part sans doute du principe que si tu suis la démarche donnée c'est que tu veux te débarrasser de la douleur, sinon c'est qu'on ne prend pas de péridurale.
Je me souviens très bien du médecin et des SF qui m'ont expliqué "si vous avez mal vous pouvez vous faire injecter du produit en appuyant là", je ne me vois pas une seule seconde leur reprocher après coup de ne pas m'avoir dit que c'était si je voulais arrêter d'avoir mal. Cela va de soi.

Alors ok faut que tout le monde fasse son boulot de pédagogie et prenne le temps d'expliquer les tenants et les aboutissants de la péri au même titre que tout ce qui intervient lors d'un accouchement. Mais ça, ça se fait en amont, pendant le rdv avec anesthésiste ou avec la SF pendant les préparations à la naissance.
C'est pas le jour J au moment de piquer la colonne que le médecin va se lancer dans des explications, ou les SF pendant l'accouchement si on hésite à appuyer sur le petit bouton pour envoyer la dose. Ils ne sont pas dans nos têtes et ont d'autres choses à penser à ce moment là que d'anticiper ou d'imaginer nos envies qu'on garde dans nos têtes.

Le problème de la médecine il est double et c'est difficile de passer outre : on fait confiance et on ose pas poser de questions. Mais j'ai plus souvent été prise de haut par des contrôleurs SNCF même en étant en règle que par des médecins parce que je creusais un sujet et leur demandais davantage d'explications.
 

SmileySmile

Période de pointe
Je trouve les contrôleurs SNCF assez sympas en général :lol: (bien sur y a toujours des exceptions), je pense qu'ils sont quand même formés à ne pas faire escalader les situations (enfin j'imagine !).

Pour les médecins, mon point de vue (qui ne vaut pas plus que celui de n'importe qui mais j'aime ramener ma fraise !) : j'imagine que comme dans beaucoup de professions, et en particulier à l’hôpital, les moyens font qu'il faut aller vite : or, chaque situation individuelle est par définition individuelle donc ça prendrait un temps très long d'essayer d'appliquer aux gens des protocoles ou des soins totalement personnalisés.

Je dis ça par rapport à une situation que moi je rencontre en terme de santé qui est que ma mère et ma tante (la plus jeune sœur de ma mère) ont eu chacune des cancers du sein très agressifs : ma mère premier cancer à 42 ans (!), puis rechute vers 50 ans (mais ça va mieux maintenant) et ma tante premier cancer vers 60 ans (âge somme toute assez "normal") et elle en est morte l'année dernière après quelques années de lutte et de péripéties.

Quand je dis ça en consultation (de médecine générale ou gynéco ou SF ou autre), j'ai tous les sons de cloche : vous avez un facteur de risque (mais ma mère a 4 soeurs et les 3 autres n'ont jamais rien eu) donc mammographie tous les ans alors que j'ai même pas 40 ans, vous n'avez pas de facteur de risque, vous avez peut-être un facteur de risque...

Bref, moi ce que je lis, c'est que maintenant le consensus dit quand même qu'il ne faut pas abuser des mamos, et que sans facteur de risque, il n'y a pas lieu de les multiplier, surtout avant 50 ans. Mais je vois bien que certains soignants que je rencontre (dont ma gynéco) préfèrent multiplier les examens, probablement par peur de passer à côté de quelque chose ou pour avoir l'impression de faire quelque chose, mais ce n'est pas forcément utile et surtout c'est parfois pire. Alors, je dis "oui oui" mais franchement, j'ai pas l'impression que c'est de la bonne médecine, c'est plutôt aller plus vite que la musique (ce que je peux comprendre encore une fois, surtout dans un contexte hospitalier).
 

LaMangue

Période de pointe
Je ne vais pas m'attarder sur les agents de la SNCF, j'ai eu trop de mauvaises expériences et ce n'est pas le sujet :lol:

Bref, moi ce que je lis, c'est que maintenant le consensus dit quand même qu'il ne faut pas abuser des mamos, et que sans facteur de risque, il n'y a pas lieu de les multiplier, surtout avant 50 ans. Mais je vois bien que certains soignants que je rencontre (dont ma gynéco) préfèrent multiplier les examens, probablement par peur de passer à côté de quelque chose ou pour avoir l'impression de faire quelque chose, mais ce n'est pas forcément utile et surtout c'est parfois pire. Alors, je dis "oui oui" mais franchement, j'ai pas l'impression que c'est de la bonne médecine, c'est plutôt aller plus vite que la musique (ce que je peux comprendre encore une fois, surtout dans un contexte hospitalier).
Ça illustre assez bien ce que je pense des médecins : à l'instar de toutes les professions, ils ont les qualités, les torts et les travers des êtres humains qu'ils sont :)
Quand j'entends parler mes proches de leurs médecins, je trouve qu'ils oublient qu'ils ont à faire à des personnes qui ont leur passif, leur culture, leur idéologie politique ou religieuse, leur façon de faire. Parfois ça convient, parfois ça donne des situations merdiques... et puis il y a la science qui évolue, la recherche qui donne de nouvelles pistes, certains médecins sont récalcitrants parce qu'il n'y a pas assez de recul, d'autres suivent les recommandations etc.
D'où l'intérêt de poser les questions et de forcer le dialogue.
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
On sait aussi que si on passe 20mn à expliquer un truc à quelqu'un, il retient à peine un quart de ce qui a été dit. Et ça c'est dans un contexte de consultation "posée". C'est flagrant quand on fait des sessions d'ETP et qu'on écoute le retour des patients entre eux, quand ce sont les patients des collègues qui s'expriment, on se rengorge en pensant, "pff, abusé, machin aurait pu faire un effort et prendre le temps d'expliquer". Et pis boum, on tombe sur une session avec nos propres patients à qui on pensait avoir tout bien expliqué comme il faut, et c'est exactement pareil.
 
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