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Coallaitement : régression de l'ainé

Plnnl

Colostrum
Bonjour à toutes,

Je me lance pour écrire ici parce que j’ai vraiment besoin de retours et de soutien…

Mon fils a 2 ans et demi, il a toujours été allaité et n’a jamais pris de biberon. Je suis tombée enceinte l’année dernière et j’ai accouché en janvier, mon petit dernier a donc 3 mois aujourd’hui.

Avant la naissance, mon grand tétait encore environ une fois par jour. Mon objectif a toujours été un sevrage naturel, et c’est toujours ce que je souhaite au fond.

Mais depuis l’arrivée de son frère… tout a explosé. Il réclame du matin au soir, et même parfois la nuit. Il demande clairement plus que le bébé. Au début, j’ai laissé faire parce que je m’attendais à une régression, j’étais préparée à ça. Sauf que je ne pensais pas que ce serait aussi intense, ni que ça durerait aussi longtemps.

Je suis épuisée, physiquement et moralement.

J’ai essayé de poser un cadre avec trois tétées par jour (matin, après le déjeuner, et au coucher). Je m’y tiens, mais malgré ça, je n’en peux plus. J’en arrive à éviter son regard parce que dès qu’il me regarde, il réclame, et ça part en crise… et ça me fait me sentir vraiment mal.

J’ai vu plusieurs professionnelles, et leurs réponses vont toutes dans le même sens : c’est normal, il faut répondre à ses besoins.

Je n’ai vraiment pas envie de le sevrer, mais là je me pose des questions. J’ai l’impression d’être au bout, et en même temps j’aurais le sentiment d’un échec alors que ça fait déjà 2 ans et demi d’allaitement…

À côté de ça, il est adorable avec son petit frère, aucune jalousie apparente, vraiment rien à redire de ce côté-là.

Est-ce que certaines ont vécu quelque chose de similaire ? Est-ce que ça finit par s’apaiser ? Comment vous avez tenu ou ajusté les choses sans tout arrêter ?

Merci d’avance pour vos retours 🤍
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Salut,
Je n'ai pas d'expérience exactement similaire, d'autres mamans auront sûrement des expériences plus précises.
Pour avoir eu plusieurs enfants rapprochés, l'arrivée d'un bébé est bien sûr l'occasion de renégocier l'équilibre familial, ça prend quelques mois pour que tout le monde trouve ses marques.
Quand tu dis que les pro t'ont conseille de répondre aux besoins de l'aîné, elles parlaient du besoin d'attention ou de laisser les tétées en libre service ? Un enfant de 2 ans n'a pas besoin d'être allaité à la demande, contrairement au bébé.
Ce sont des situations exigeantes, et faire attention à ses propres limites est salutaire, plutôt que les repousser indéfiniment.
Je trouve que pour bien les vivre, faire la paix avec soi même est essentiel. En gros, se débarrasser de la culpabilité en acceptant ses propres limites et sa propre ambivalence.
Ça m'est arrivé quand mes filles avaient 16 mois et se sont mises à réclamer tout le temps : j'aime allaiter, mais je n'aime pas être une gourde géante, et j'ai envie d'autres interactions avec mes filles de cet âge. Et c'est OK de ressentir ça, d'être agacée par leurs geignements pour avoir le sein et leur bastons pour essayer de me grimper dessus. Ça ne règle pas le problème, mais ça évite de se sentir mal en prime.
Tu as le droit de vouloir limiter les tétées pour ton grand, et d'être agacée par ses demandes incessantes. Ça ne veut pas dire que tu l'aimes moins ou que tu nies son besoin d'attention, mais que tu peux tenir ta ligne et choisir d'y répondre autrement, jusqu'à ce qu'il intègre son rôle de "grand". S'il y a un papa dans l'histoire, ça peut être pas mal de lui refiler le bébé pour permettre des temps privilégiés maman / grand frère, et de construire un échange autour d'un temps "de grand".
Pour coucher mes 4 loulous le soir, pendant des mois, on a eu un temps à nous où les bébés tetaient pendant que je lisais des histoires aux grands en même temps, c'était un rendez vous important pour moi, parce que je me sentais à ma place et compétente : autour de mes enfants, réunis, et apaisés dans une relation où chacun trouve sa place. Et dans tous les moments du quotidien où je ne peux pas répondre dans la demi seconde aux sollicitations des uns et des autres (ce qui est normal, parce qu'il y en a 450 à la minute, en plus des bêtises à réparer et de la maison à faire tourner), je puise dans ces petites pépites du quotidien la réassurance et la "force tranquille" dont j'ai besoin pour avancer, un pied devant l'autre, en ayant l'assurance qu'on grandit et qu'on progresse tous ensemble.
Parce que ces "rendez-vous" ponctuent notre quotidien, que le lien entre nous est solide, j'accepte de ne pas être Wonder woman, de hiérarchiser les besoins des uns et des autres, et de ne pas piétiner les miens.

Ca serait dommage de ne retenir qu'une fin amère pour cette belle histoire d'allaitement... l'arrivée d'un nouvel enfant est une cause "naturelle" de sevrage (partiel ou total) dans l'histoire humaine; allaitement ou pas, c'est toujours un challenge pour une famille, l'accepter et s'y ajuster n'a rien d'un aveu d'échec.
 
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