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Triste et frustrée : pourquoi ?

Mathilde🍀

Montée de lait
Bonjour tout le monde,
J'ai déjà posté quelques messages au sujet de mes difficultés à allaiter ma fille de 2 mois. Elle refuse parfois le sein et je donne donc le lait que je me tire.
J'aimerais continuer d'allaiter bien sûr, mais ne suis pas prête à "tout tenter" à savoir dal, tirage, pipette, etc...
Je me sens triste et frustrée à l'idée d'arrêter malgré tout.
Pourquoi ressent on cette tristesse ? Je sais que nous sommes nombreuses à la vivre.
Merci pour vos partages
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Déjà, des brouettes de :calin:
Je n'ose pas imaginer comme c'est dur de remuer ciel et terre pour réussir à faire quelque chose qui devrait être "naturel"... :calin:
Naturel ne veut pas dire facile hélas. :calin:

Je n'ai pas de chose miracle à te dire, mais ça me paraît normal d'être triste. De devoir faire le deuil d'une maternité idéale.
Et je trouve que les choix que tu fais sont très bons : tu les fais en connaissance de cause, tu sais ce qui se passe, tu pèses les efforts pour la remettre au sein et tu décides que tu ne souhaites pas les faire.
C'est extrêmement sain et pertinent ! Un bon signe d'une maman en pleine conscience de ses "cartes en main". :calin:

Je t'envoie des brouettes de :calin: et quel que soit le choix que tu fais, c'est le bon car c'est le TIEN.
Même si le bon choix provoque de la tristesse :calin:
 

Hortense

Période de pointe
J'ai quelques éléments de réponse parce que c'est un sujet qui me tracasse en ce moment.

On nous présente une parentalité naturelle, à base d'allaitement, portage, cododo, physiologique. Les bénéfices de cette parentalité sont bien documentes car ont été observés dans d'autres pays. Les enfants sont en meilleure santé, ont des performances scolaires dans les attentes ou au-dessus et semblent devenir des adultes très équilibrés.
C'est oublier qu'il y a un système, un village, autour de ces mamans et de ces bébés. Qu'il y a d'autres adultes que le couple parental près du foyer, qui peuvent porter le bébé. Que la maman ne reprend pas un travail salarié extérieur à la maison et soumis à des horaires, travail auquel elle ne peut pas emmener son bébé, aussi tôt qu'en France. Que les attentes en matière de sommeil sont différentes (visiblement, personne ne se hasarde à poser la question de " il fait ses nuits ?").

C'est d'autant plus violent pour la frange de mamans - bonnes élèves dont je fais partie (mamans d'un premier enfant, éduquées / renseignées / diplômées), que le comportement d'un enfant est vu comme le succès ou l'échec des parents en France. On incrimine vite les parents d'enfants turbulents ou se comportant juste comme des enfants (moi aussi, si on attendait la fin de journée pour m'emmener dans un endroit rempli d'objets qui me plaisent et qu'on me refusait tout, je trouverais ça pénible !), et on est d'autant plus sévères avec les mères (après tout, elles ont l'instinct maternel !).

Moi-même, je suis pleine de contradictions. Mon bébé apprécie mon lait et me le fait savoir, mais elle a aussi besoin d'une maman en forme, et je me demande si son réveil nocturne va rester longtemps compatible avec cet allaitement devenu mixte (oui, virtuellement, j'aurais pu l'allaiter longtemps si je m'étais arrêtée longtemps, mais j'avais besoin de reprendre pour notre équilibre familial et pour ne pas être la seule adulte en charge d'elle tout son temps éveillé par défaut).

Que ce soit naturel ou instinctif ne veut pas dire facile. C'est normal de te sentir triste et coupable de ne pas apporter " le meilleur " pour ton bébé, parce que ton souhait de bien faire se heurte à une difficulté physique, dans une société qui n'est pas clémente quand le parcours n'est pas rectiligne.

Est-ce que tu avais un plan de base ? Mon plan A, c'était 6 mois d'allaitement. Le plan B, autant que possible vers les six mois. Le plan C, la tétée d'accueil. Le plan D ... Eh bah une maman qui lui donne le biberon de lait artificiel avec le sourire ! J'ai beau être arrivée au plan A, j'hesite à rajouter deux mois et quelques d'allaitement pendant les congés d'été, et je dois me rappeler que c'est du plus, de la sur qualité comme on dit en entreprise. Parfois, ce sont mon mari et une amie qui a fait un Burnout professionnel qui me rappellent que j'en fais déjà beaucoup et que ma petite a surtout besoin d'une maman qui l'aime et qui est en état de prendre soin d'elle.
 

Mathilde🍀

Montée de lait
Est-ce que tu avais un plan de base ?
Mon plan A était le même que le tien : allaiter exclusivement 6 mois. Quant aux plans B, C, D eh bien je n'en avais pas ! L'allaitement pour mon premier avait marché comme sur des roulettes !
Bébé ayant 2,5 mois, je suis loin de mon plan A... Alors je réajuste, et me dis que 2,5 mois c'est déjà bien, que je peux passer au mixte, que je commencerai plus tôt la diversification.
Ça c'est la raison, mais quand je laisse mon cœur parler, eh bien j'éprouve une grande tristesse.
Peut-être que c'est la pression que l'on se met pour réussir à donner le meilleur : le lait fabriqué par notre corps (ce que je trouve extraordinaire !).
Peut-être que c'est le besoin d'atteindre un objectif : le plan A !
Peut-être que c'est la nécessité de montrer qu'on est une bonne mère : je nourris.
Peut-être que c'est l'angoisse d'introduire un tiers dans la relation nourricière...
 
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