D'après une pote de pote qui travaille comme neuropediatre spécialisée dans les consultations sommeil, les vrais troubles du sommeil chez l'enfant sont très rares, et les difficultés viennent souvent des comportements/habitudes mises en place dans la famille (rencontre entre l'histoire des parents, événements de vie, tempérament voire particularites de l'enfant, pathologies associées, croyances...). Ça a l'air passionnant son truc, avec des groupes de parole et de soutien entre parents (et pas des recettes toutes faites vendues 400 balles en visio).
Un autre truc auquel j'ai fait super attention des le départ, c'est essayer de ne pas "sauter' sur mes bébés des qu'ils chouinaient un peu (passe l'allaitement à l'éveil des 4 premières semaines bien sûr). Parce que tous mes allaitements se sont bien mis en place, j'ai toujours ete sur la ligne "moins y a de tétées de nuit, mieux je me porte". Je n'intervenais que s'il y avait de vrais pleurs (je dors avec des boules quies tout le temps), si le bébé se réveillait, babillait, couinait mais ne pleurait pas vraiment, je laissais couler, et parfois il se rendormait. Un enfant qui se réveille toutes les 45mn, ça me fait penser à un bébé qui ne sait pas trop comment replonger après un micro éveil (hors maladie bien sûr, en période de double-double otite, c'était une autre histoire). Et évidemment avec ces gremlins, moins ils dorment, moins ils dorment.
Je sais que dans une situation aussi extrême je n'aurais pas trop de scrupules à laisser pleurer, mais aussi parce que j'ai acquis une grosse capacité d'auto-conservation, j'ai fait des insomnies post partum pour mon 2eme qui m'ont bien secouée (alors que lui braillait beaucoup mais globalement à partir de 3h il était plutôt calme). Pour les jumelles, pendant le congé mater (les 6 premiers mois), ça m'est arrivé de descendre pour 3h dans le salon en leur expliquant que j'avais besoin de repos, ou même de dormir à côté d'elles alors qu'elles hurlaient. Mais au bout d'un moment, quand il y a eu tétée, change, berceuse, que rien n'y fait, et que la dernière tetee remonte à 1h, que personne n'a vomi... Le sommeil des parents n'est pas un luxe, c'est un besoin vital. La nuit je suis une vraie mégère, suivant le moment où on me réveille, j'ai envie de les jeter par la fenêtre. Je n'ai pas forcément besoin d'énormement de sommeil pour fonctionner, j'ai été entraînée à travailler 36h sans broncher, mais sur la durée, j'ai rencontré mes propres limites et je refuse d'aller au delà. Donc oui, je les impose à mes enfants. Je mise beaucoup sur leur indulgence à mon égard et leur capacité à comprendre que je ne peux pas donner plus que ce que j'ai.
Je n'ai pas du tout l'expérience d'un bébé de cet âge avec des phases de sommeil aussi courtes, dans mon expérience (et mes divers échecs de sevrage nocturne), c'est plus difficile de faire bouger les lignes après 9 mois. Je ne sais pas trop quoi te dire, à part qu'il n'y a aucune raison de se sentir coupable dans un sens ou l'autre, on fait tous de notre mieux avec les cartes qu'on a en main (c'est presque schizophrène, d'un côté y a plein de trucs que je ferais différemment mais de l'autre je ne regrette rien), et on a aussi le droit en tant que parent d'un enfant d'un an d'exiger quelques heures de sommeil d'affilee sans être un monstre d'égoïsme...