• ENCOURAGEZ-NOUS !

    Les animatrices donnent bénévolement de leur temps et de leurs compétences pour répondre aux questions que se posent les mamans qui allaitent et accompagner celles qui le souhaitent tout au long de leur allaitement : en réunion, par courriel et au téléphone... et sur le forum !
    Si vous appréciez notre travail, nous vous invitons à nous le faire savoir par quelques mots d'encouragement à notre intention, et/ou par un don ou une cotisation - si ce n'est déjà fait - qui nous permettront de continuer à nous former pour toujours mieux répondre aux besoins des mamans qui choisissent d'allaiter.
    Rendez-vous sur le site LLL et choisissez le groupe 00-Forum pour soutenir l'équipe du forum LLL.
  • Compte tenu de l'épidémie de COVID-19, LLL France a décidé de suspendre toutes les réunions jusqu'à septembre. Les animatrices LLL restent disponibles pour répondre aux questions des mères par téléphone, par mail, Facebook ou sur le forum. Des réunions virtueLLLes via visioconférence sont organisées (infos sur la page facebook "réunions virtuellles LLL France")

Mère indigne... le retour

Bouclette86

Période de pointe
Bonjour à toutes

"Mère indigne" est un vieux post écrit deux ans en arrière. Mon Bouclé avait 10 mois et je découvrais une partie peu reluisante de ma maternité. (si vous êtes motivées, ça fait un peu de lecture : http://forum.lllfrance.org/showthread.php?t=1946)

Ce soir le sentiment d'échec est de retour, plus cuisant que jamais. Pourtant je n'ai pas tapé mon fils, je lui ai "juste" hurlé dessus. Mais le problème c'est qu'en ce moment, je HURLE au moins une fois par jour. J'en ai marre. Je ne veux plus faire ça.

Pour vous brosser le tableau rapidement : Bouclé bientôt trois ans, dynamique (très!), espiègle, intelligent, mais aussi provocateur et pénible (j'avais envie d'écrire archi-chiant en fait...) quand il s'y met (et il s'y met souvent). Il a depuis peu un petit frère (deux mois) qui lui est archi-cool et heureusement pour mes nerfs.

Alors que se passe-t-il pour que je hurle comme je le fais ? (voire que je mette une fessée moi qui m'étais juré de ne JAMAIS mettre de fessée de ma vie à mon enfant) Et bien mon "grand" (car il faut relativiser, il reste un tout petit garçon quand-même) a des moments où il se met à faire le fou, des quarts d'heure de folie où il se met à faire tout et n'importe quoi : sauter, bouger frénétiquement tête bras et jambes, se jeter par terre, jeter n'importe quel objet, saisir l'énorme pain complet et taper un gros croc dedans, prendre un paquet de gâteaux et les envoyer à l'autre bout de la cuisine, donner une baffe ou un coup de pied à moi, ou à son père, attraper le pied de son petit frère et tirer dessus de toutes ses forces........... Parfois il ne fait qu'une chose, parfois il en enchaîne plusieurs......

Dans ces moments-là je ne sais pas quoi faire. Suivant le contexte (seuls ou avec du monde, à la maison ou dehors, moi reposée ou fatiguée, calme ou déjà exaspérée......) je réagis de différentes façons. Si je suis cool et que ma réserve de patience n'est pas vide, je m'accroupis, le saisis fermement par les épaules, le regarde droit dans les yeux et lui demande de se calmer, ou lui demande ce qu'il y a...

Le truc c'est qu'il me dit rarement ce qu'il y a. En général il continue de s'agiter frénétiquement (des fois tente de me mettre des baffes ou autre), fuit mon regard, et dès que je le lâche reprend les conneries (excusez le terme) de plus belle. Je demande à nouveau de se calmer, ou d'arrêter... Sans succès. Jusqu'à ce que je hurle. Là, soit il s'arrête surpris, soit il se met à pleurer très fort. Alors certes, ça le stoppe, mais c'est une solution terrible. Vu qu'après mes hurlements il est calme, je tente de lui expliquer (mais forcément, je suis énervée, alors agressive) "Je t'ai demandé trois fois d'arrêter, je t'ai demandé doucement. Pourquoi tu as besoin que je crie très fort pour t'arrêter ? J'aimerais tellement ne pas avoir besoin de crier"

Mais le mal est fait. Je vois qu'il est ébranlé, et moi je culpabilise à fond. Je déteste faire ça, et pourtant le fais tous les jours. Parfois il fait quelque chose qui pour une raison ou une autre déchaîne en moi une réaction encore plus forte, et je lui flanque une grande fessée. Je le regrette systématiquement dans la seconde qui suit.

Bref, c'est un peu le cercle vicieux. Il est surexcité, chiant, je suis en tension même si j'essaie de le canaliser doucement, du coup il sent ma tension, continue les bêtises de plus belle etc... C'est abominable. Je me sens piégée dans un fonctionnement affreux, j'ai l'impression qu'on n'en sortira jamais, j'ai peur d'abîmer notre relation irrémédiablement.....

En même temps je sais que si je lui consacrais plus de temps PLEINEMENT, à jouer et à m'éclater avec lui, à lui proposer une activité stimulante quand il commence son cirque ça marcherait. Mais maintenant il y a le petit frère, les tétées, et puis le quotidien à gérer aussi... Je ne peux pas être dispo 100% du temps pour lui.

Je me sens nulle. Je me sens mauvaise, méchante. Je déteste être une maman comme ça.

Je n'assure pas non plus en tant que chérie, car une fois les deux au lit je suis exténuée, et j'avoue que je suis un brin maniaque et ai énormément de mal à ne pas ranger la cuisine, étendre le linge etc.... le soir... Du coup les câlins doudoux avec mon chéri passent à la trappe, et pourtant j'en ai besoin et ils me feraient tellement de bien ! Mais je suis tellement en tension...

Ajoutez à cela que je suis dans la phase : "Bouhou je suis moooche ! j'ai une grosse brioche horrible (et les vergetures n'arrangent rien) et je suis flaaasque...!" et vous aurez un aperçu assez complet de mon paysage mental du moment.

Comment sortir de ce cercle infernal avec mon fils que j'aime et que je veux élever dans l'amour et pas dans les cris et l'énervement, tout en tenant compte du millier de contraintes tout autour ?

Merci d'avance à toutes pour vos précieux témoignages et conseils.

Bouclette déprimée

ps : ne me parlez pas de régime, hein, pour la brioche. Dès que je me dis "Allez, tu fais gaffe à ce que tu manges!" je me jette sur une tablette de chocolat... :(
 

Annaëlle

Hyperlactation
Oh Bouclette, ce message j'aurais pu l'écrire il y a 2 mois, même 1 mois!
Tu sais qu'on vit à peu près la même chose, dans quelques jours mon fils aura 3 ans et ma fille 4 mois.
Je suis passée par des moments très durs, mon fils n'était plus le mignon petit garçon que j'avais connu, l'arrivée de sa soeur ou juste le fait qu'il grandissait l'avait transformé en petit garçon normal, plein de vie, bruyant, gesticulant, et très pénible! J'ai fait le deuil de l'enfant parfait mais ça n'a pas été facile.

Et puis il y avait les 2 enfants à gérer, les endormissements du grand qui s'éternisaient, le papa souvent pas là, pfff la galère. Je posais la petite endormie et voilà que le grand arrivait en criant "maman" quand ce n'était pas en jouant du tambourin alors que je lui avais dit de m'attendre dans sa chambre... et là je perdais souvent mon sang froid. Plus ses insomnies qui perduraient et la petite qui se réveillait (et se réveille toujours X fois). J'étais épuisée. Il y a eu plusieurs fessées, et la dernière, il y a 1 mois, à 5 h du matin, je voulais dormir, j'étais à bout, ce fut une triple fessée. Là, ça a été un choc pour moi, moi qui ai du prendre une claque dans ma vie, qui suis persuadée qu'il faut élever ses enfants dans le respect et non la violence... comment pouvais-je être cette maman là.
Mais je me sentais coincée aussi, trop fatiguée et mon fils m’énervait trop pour que j'aille vers lui. Il fallait inverser la tendance. J'étais l'adulte, à moi de prendre sur moi et de faire les efforts nécessaires.

La première semaine sans fessée a été un très dure, j'avais l'impression d'être un ancien fumeur ou alcoolique qui a peur de la rechute, je faisais attention à chacun de mes gestes, à chaque situation ou ça pouvait déraper. Un effort de chaque instant.
Et j'ai pris beaucoup sur moi, je suis allée vers mon fils, on s'est retrouvé, pour notre plus grand bonheur bien sur.

Paradoxalement je le vois moins, il va à l'école le matin et souvent chez mes beaux parents l'après midi. C'est ce qui me permet d'être plus dispo et détendue quand on est ensemble. Je sais que c'est une chance d'avoir de la famille juste à côté, même si ça me fait culpabiliser, même si je voudrais m'en occuper plus, là bas il y a plusieurs personnes toujours disponible et patiente pour lui et il aime y aller.
J'ai aussi pris une femme de ménage, 2 matinées par semaine. Je sais qu'en France c'est très cher mais ici ça va. Ca me permet de ne pas être à cran quand mon fils mange une fois de plus hors de table, et c'est aussi beaucoup de fatigue en moins et du temps en plus pour mes enfants.

Et je suis indulgente avec moi même, je ne suis pas superwoman. Mes enfants avant tout, mon état de fatigue et mon mari ensuite. J'ai mis un stérilet, bon, il ne sert pas encore beaucoup mais ça viendra ;).
Je sais que je n'aurais pas d'autres enfants, il me reste encore 2, 3 ans galère (et en même temps ce sont des moments de pur bonheur quand ils sont encore petits), je vais m'accrocher.

Je compense aussi sur le sucre, j'ai commencé un régime, j'avais mis la barre haut, j'ai 35 ans et trop de flasqueries aussi! mais ça attendra, j'ai besoin de douceur!

J'avais lu sur un blog quelque chose qui m'a beaucoup parlé et qui est tellement vrai:
C'est quand nos enfants paraissent mériter le moins notre amour qu'ils en ont le plus besoin.

Donc quand il pleure, pleurniche, que j'ai envie de l'étriper, je vais vers lui et le prend dans mes bras. Ca a été dur au début mais ça a payé. Je crois vraiment que quand ils sont pénibles, ils ont en fait juste un grand besoin de nous.

Courage Bouclette, ça ne durera pas, Bouclé va s'habituer à vivre à 4, il faut un peu de temps.

Et merci d'avoir créé ce post qui m'a permis de me livrer à vous, je voulais le faire quand j'étais au plus mal mais j'avais trop honte, je peux le faire maintenant que j'ai sorti la tête de l'eau.
 

cerise

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Essaie de trouver l'occasion de faire de temps en temps des activités juste avec ton Bouclé, juste tous les deux ! Sortez juste après une tétée du petit, ou alors tire ton lait pour que ton mari puisse lui donner s'il réclame, et puis allez vous promener le Bouclé et toi, faites une sortie sympa :)
J'imagine qu'il cherche par là à attirer ton attention, à ce que tu t'occupes de lui, à te faire réagir. Il veut vérifier qu'il existe toujours pour toi et que son petit frère ne prend pas toute la place ;)

Pour ce qui est de la brioche, n'y pense pas, et mange du chocolat, ça fait du bien :) (d'ailleurs, le chocolat noir ne fait pas grossir...)
 

Salwa

Modératrice
Animatrice LLL
Bouclette, c'est un passage très éprouvant. Tu viens d'accoucher, félicitations à toi :) et ton enfant découvre une nouvelle facette de la vie de famille... Et toi aussi : tu es humaine... et tu es faillible. Comme nous toutes.

Je te souhaite tout pleins de bonheur pour la suite (il faut souvent beaucoup de temps pour prendre ses marques.)

Je t'embrasse fort.
 

Salwa

Modératrice
Animatrice LLL
(ps : nous avons toutes nos défauts, toutes nos moments où ça va mal. Nos enfants n'attendent pas de nous que nous soyons des parents parfaits qui ne crieraient jamais... non. Ils attendent de nous d'être humain, justement. Et même si nous avons crié très fort, qu'on culpabilise -qui ne culpabilise pas de faire peur à ses enfants?-, ils apprécient également quand on revient quand on est calmé, et qu'on leur explique la cause de notre explosion ;) et nos excuses.
En gros : l'ENV, ce n'est pas vivre sans crier ou sans taper, c'est surtout, surtout savoir rattraper quand ça dérape. Mais déraper, ça arrive, à tout le monde, même si c'est la chose que nous abhorrons le plus au monde...
Courage ;) )
 

Marielabeille

Hyperlactation
Je ne suis même pas en mesure de dire si ce que tu as fait, c'est bien ou pas, je n'ai aucune idée de la réaction idéale à adopter en de pareilles circonstances. Ce que je vois, par contre, c'est ton envie de bien faire, pour que ça te préoccupe au point de venir en parler avec nous, t'exposer à notre jugement etc. Quand on a envie de bien faire, c'est qu'on aime, et quand on aime, tout passe !
 

ladyl

Montée de lait
Bonjour Bouclette!
Mon dernier aussi a 2 mois, et moi aussi j'ai l'affreuse brioche qui pend et moi aussi dès que je me dis : "allez, on freine le sucre!" je me jette sur le chocolat (praliné, tant qu'à faire!!). Moi non plus je ne supporte pas que le linge traîne et que la cuisine soit cracra : alors chéri prend le relais !!
Tu me rappelles mon état lors de l'arrivée de ma pucinette, me deuxième, son frère avait 3 ans! Et à 3 ans, certes on parle, mais on ressent sans pouvoir exprimer! Alors on est fier de son frère ou de sa soeur, on est content d'être le grand... mais on déteste aussi ne plus être le petit dernier, on déteste ne plus avoir maman et papa pour soi, avoir cette petite chose qui attire tous les regards et qui en plus a tant besoin de maman!
Du coup : on se venge! Et du coup, maman s'occupe de moi!! Oui en hurlant, mais peu importe, elle est là que pour moi dans ces moments! Mon fils aîné avait fait une sublime conjonctivite, et faisait des "crises" que papa calmait en le maintenant fermement... quelle horreur, j'en pleurais avec sa soeur dans les bras : je suis une mère incapable d'élever 2 enfants !!!
Aujourd'hui, j'en ai donc 3, et je culpabilise de ne pas accompagner les 2 grands (8 et 11 ans) dans leurs activités... et j'ai encore pleuré !!
Je pense qu'on rêve toute que ça se passe en douceur, dans la béatitude... mais une famille se construit avec quelques heurts parfois (toujours!!), nous ne sommes pas parfaites (et j'en souffre moi :-D ). Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que c'est temporaire, que tout trouve une place, mais il faut être patient (aïe, pas ma principale qualité !!).
Alors, ma recette (pas miracle hein, ça prend du temps, comme un apprentissage ;-) ) : j'exprime, je parle! Mon grand, quand il faisait ses "crises" ou perte de contrôle temporaire :-D Je lui disais que je comprenais mais aussi que ce n'était pas bien, que j'étais vraiment fâchée et qu'il devait se calmer, tout comme maman! Donc chacun se retrouvait dans un lieu calme (et oui, lui dans sa chambre, mais la porte pouvait rester ouverte... ou pas!) et je lui disais que je l'aimais autant que sa soeur mais que là c'était trop dur !!
Bon,je t'avoue que de toute façon c'est réellement temporaire, vers 5/ 6 mois sa soeur ne riait qu'avec lui, donc le lien était noué, leur relation s'est construite plus calmement, presque sans nous ;-)
En tout cas : bon courage, tiens bon, et essaie (je dis bien essaie!!) de ne pas trop culpabiliser (et je ne te dis pas d laisser tomber le ménage ou le chocolat :p )
 

fannie

Hyperlactation
je suis moi aussi anti violence éducative, anti fessée et anti cris,fan de l'éducation non violente, j'ai fait les 2 formations faber ( parler pour que les enfants écoutent...) et lu tous les livres de Gordon et pleins d'autres encore... et la semaine dernière fiston a pris une fessée et une claque...

il a été infernal sur plusieurs jours et la claque et la fessée sont parties " toutes seules" sans passer par mon cerveau...

après je culpabilise à mort, j'en fait même des insomnies...je me sens mauvaise mère et mon moral est très bas.

mais j'explique à mon fils que c'est interdit de tapper, que je n'ai pas le droit, je demande pardon, mais j'explique aussi en quoi son comportement m'a conduit à craquer et à me mettre en colère très fort. en général il semble comprendre, je lui dis que je vais faire des efforts ( et j'en fais) et que j'aimerai qu'il en fasse aussi.

cela fait 6 mois que j'essaie de faire un défi " 21 jours sans crier", et j'échoue depuis 6 mois, mon record c'est 6 jours sans crier...!

mais je me rends compte quand même d'une énorme amélioration de mon comportement grace à mes lectures et bonnes résolutions, mais oui on n'est pas parfaite... certains enfants sont aussi plus difficiles à élever que d'autres, quand je compare mon fils et ma fille-20 mois ( même si il ne faut pas comparer!), cela n'a rien à voir question " agitation", je pense que j'aurai moins de problèmes pour me contrôler avec elle, car tout simplement elle est plus facile à élever que mon fils.d'ailleurs je ne me suis pas ennervée encore avec elle...
 

Lili69

Hyperlactation
Après tout, j'aime me rappeler dans ces moments-là de culpabilité intense mon ressenti de petite fille. Mon père m'a plusieurs fois donné des fessées, des claques, en s'excusant dans les minutes qui suivaient. Et cela ne m'a jamais traumatisé. Aujourd'hui, on en rigole. Ma mère ne m'a jamais frappé mais usait de chantage et pouvait avoir des mots très durs. Elle ne s'est jamais excusée. J'en ai beaucoup souffert et en souffre toujours.

Alors oui je culpabilise quand je m'emporte contre ma fille. Mais à bien y réfléchir, c'est certainement très positif pour nos enfants de voir que l'on n'est pas parfait. Ils ne courront pas après un idéal impossible à atteindre plus grands. Nous sommes humaines et nous avons l'immense courage de le reconnaître. A mon sens, c'est cela qui fait de nous de bonnes mères. Pas notre capacité à maîtriser toutes nos émotions. Car c'est bien de cela qu'il s'agit non? Alors même que nous demandons sans arrêt à nos propres enfants de les exprimer, quelque soit la forme que celles-ci peuvent prendre!
 

Annaëlle

Hyperlactation
Bouclette, ou es-tu? Comment vas-tu?

Lili69, je trouve que ce que tu dis est très juste, ça me parle bien!

Je vous conseille la lecture ou relecture du livre de Violaine Guéritault "la fatigue émotionnelle et physique des mères", éd. Odile Jacob, en poche.
C'est sur le burn out maternel, c'est très déculpabilisant et elle donne aussi des pistes pour en sortir.
 

Bouclette86

Période de pointe
Salut à toutes

tout d'abord merci pour toutes vos réponses, votre soutien, votre présence (même virtuelle, si si, ça aide vachement).

J'ai été dans une course incroyable ces derniers jours. Bouclé dans la même dynamique que précédemment décrit, Loulou des bois joli toujours malade, enrhumé, là il se met à tousser, ça me traumatise car Bouclé n'avait pas eu le moindre rhume avant ses 7 mois...

Bref, ça occupe, vous savez ce que c'est.

Vos messages m'ont évidemment rassurée, calmée, apaisée etc. Vous m'avez écrit ce que j'aurais pu écrire à n'importe laquelle d'entre nous qui aurait eu ces mêmes soucis. Sauf que, "le nez dans le guidon", je ne voyais plus rien !

Je relativise un peu plus, mais je ne me sens pas une meilleure maman pour autant. Je parle avec mon Bouclé, je joue et ris avec lui, mais les moments où je me consacre à son petit frère (nombreux, d'autant plus qu'il est malade!) restent problématiques pour lui, et il a essayé plusieurs fois de lui faire mal. Dernier exemple à midi où il lui a mis un coup de pied. Réaction de la mère indigne que je suis : grande fessée. Un millième de seconde plus tard je me maudis intérieurement, quelle conne, surtout que je suis censée y faire particulièrement attention en ce moment... Puis je me dis que si je suis "allée jusque là", certes c'est une grosse connerie, mais autant qu'il comprenne qu'il y a une raison. Je l'ai suivi dans sa chambre et lui ai dit : "Pardon de t'avoir frappé et de t'avoir fait mal. Tu aimes quand je te fais mal ? Alors tu penses que ton petit frère aime ça lui ? ... Bon, ben va lui dire pardon alors"
Je n'en suis pas fière du tout et je ne recommande absolument pas. Ca a été ma solution sur le moment pour ne pas être dans l'échec absolu...
Bon, il a filé dire pardon à son petit frère, et deux secondes plus tard m'a dit, un sourire entre les larmes "On joue?!?"
Bref bref bref, le chemin est encore très long comme vous le voyez...

Ce soir j'ai essayé de mettre des mots avec lui sur ce qu'il ressent. Retour à la maison après l'après-midi chez la grand-mère. Sortir les deux gamins endormis de la voiture à moi toute seule, les monter dans la maison... Evidemment ils se réveillent, Bouclé voudrait que je le porte, réalise que j'ai déjà son petit frère dans les bras, commence à râler. Je lui demande de m'attendre en bas de l'escalier, que je monte son petit frère (on habite au 1er étage d'une maison). Je pose le petit sur le lit en haut, il commence à pleurer, je redescends chercher le grand, il est ravi, on arrive en haut il faut que je mouche le petit, le grand ne veut pas enlever ses chaussures ni son manteau ni.... Arrrrrrrrrrrgh !!!
Je gère comme je peux, finis par me retrouver sur le canap' avec le petit au sein, le grand à côté (sans chaussures ni manteau) qui saisit le hérisson en carton super dur qu'il a fait à la garderie (elles sont folles à la garderie!) et pique son petit frère sur la tête. Fffffffffffffffffffffffffffffffffffff je souffle.
"Pourquoi tu veux faire mal à ton petit frère?"
"Tu t'occupes pas de moi!"
"Tu voudrais que je m'occupe plus de toi. C'est dur d'être un grand frère, hein ? Je te propose un truc : va chercher une histoire qui te plaît et viens te mettre à côté de moi, je te la raconte pendant la tétée"
"Non, pas envie"
...
Bon au final il a été chercher un jeu et on a joué ensemble. Mais quelle galère !!!!!

C'est quand nos enfants paraissent mériter le moins notre amour qu'ils en ont le plus besoin.

Donc quand il pleure, pleurniche, que j'ai envie de l'étriper, je vais vers lui et le prend dans mes bras. Ca a été dur au début mais ça a payé. Je crois vraiment que quand ils sont pénibles, ils ont en fait juste un grand besoin de nous.
Cette phrase me parle autant qu'à toi Annaëlle. Et je me la suis répétée comme un leitmotiv ces derniers jours. J'y pense j'y pense, petit à petit ça va sûrement marcher !

Et merci d'avoir créé ce post qui m'a permis de me livrer à vous, je voulais le faire quand j'étais au plus mal mais j'avais trop honte, je peux le faire maintenant que j'ai sorti la tête de l'eau.
N'aie pas honte !!! Mais je comprends, je n'étais pas très fière (et ne le suis toujours pas d'ailleurs) en venant vous écrire tout ça. Ca aide parfois de ne se connaître que virtuellement. Je ne suis pas sûre que je pourrais raconter ça en réunion...

Essaie de trouver l'occasion de faire de temps en temps des activités juste avec ton Bouclé, juste tous les deux ! Sortez juste après une tétée du petit, ou alors tire ton lait pour que ton mari puisse lui donner s'il réclame, et puis allez vous promener le Bouclé et toi, faites une sortie sympa :)
J'imagine qu'il cherche par là à attirer ton attention, à ce que tu t'occupes de lui, à te faire réagir. Il veut vérifier qu'il existe toujours pour toi et que son petit frère ne prend pas toute la place ;)
Oui cerise, c'est vrai. J'y ai fait très attention juste après l'accouchement, moins maintenant mais c'est très vrai. C'est vraiment important. :)

En gros : l'ENV, ce n'est pas vivre sans crier ou sans taper, c'est surtout, surtout savoir rattraper quand ça dérape. Mais déraper, ça arrive, à tout le monde, même si c'est la chose que nous abhorrons le plus au monde...
Courage ;) )
Salwa : c'est quoi l'ENV ??? Sinon, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis, mais quand ça dérape trop souvent c'est qu'il y a quelque chose à repenser en profondeur, non ?

Quand on a envie de bien faire, c'est qu'on aime, et quand on aime, tout passe !
Certes Marielabeille. Mais même en aimant on peut faire du mal malheureusement.......

Bon,je t'avoue que de toute façon c'est réellement temporaire, vers 5/ 6 mois sa soeur ne riait qu'avec lui, donc le lien était noué, leur relation s'est construite plus calmement, presque sans nous ;-)
En tout cas : bon courage, tiens bon, et essaie (je dis bien essaie!!) de ne pas trop culpabiliser (et je ne te dis pas d laisser tomber le ménage ou le chocolat :p )
Merci ladyl. Vivement qu'arrive cette période où la relation se noue sans nous ! (c'est beau cette phrase :) )

mais j'explique à mon fils que c'est interdit de tapper, que je n'ai pas le droit, je demande pardon, mais j'explique aussi en quoi son comportement m'a conduit à craquer et à me mettre en colère très fort. en général il semble comprendre, je lui dis que je vais faire des efforts ( et j'en fais) et que j'aimerai qu'il en fasse aussi.
Mercie fannie. A propos de ça je vois une psy à l'unité de psycho péri natale de la mat' où j'ai accouché qui dit "il ne faut surtout pas s'excuser ça insécurise l'enfant. Vous êtes la maman, et si vous avez fait ça c'est qu'il vous y a conduit. En vous excusant vous vous remettez à son niveau et vous brouillez les repères"
...
Sur le coup je me suis dit "Mince, je foire depuis des mois à m'excuser!" et plus ça va, plus je m'excsue à nouveau !

Après tout, j'aime me rappeler dans ces moments-là de culpabilité intense mon ressenti de petite fille. Mon père m'a plusieurs fois donné des fessées, des claques, en s'excusant dans les minutes qui suivaient. Et cela ne m'a jamais traumatisé. Aujourd'hui, on en rigole. Ma mère ne m'a jamais frappé mais usait de chantage et pouvait avoir des mots très durs. Elle ne s'est jamais excusée. J'en ai beaucoup souffert et en souffre toujours.
C'est très fort ce que tu écris Lili. Confusément, même si je n'en suis pas encore intimement et fermement persuadée, je me dis que c'est ça le bon chemin : même si on dérape, accepter de le reconnaître et de s'en excuser !!! Je garde quelque part l'illusion de la "mère parfaite"...


Bon, je n'ai plus qu'à lire "la fatigue physique et émotionnelle des mères" Annaëlle. On est en plein dedans !!!
 

Lili69

Hyperlactation
Je suis maintenant intimement convaincue qu'une mère parfaite n'est pas souhaitable pour un enfant. Aujourd'hui en tant que mère, je m'interroge beaucoup sur les héritages de ma propre maman. Pourquoi j'ai autant foiré avec ma 1ère fille? Parce que je courais après l'image de super-maman que ma mère m'avait légué. Chaque pleur de ma fille me renvoyait à mon imperfection, mon incapacité à gérer comme ma mère l'avait fait. Et avec le temps, j'ai avancé. J'ai cessé de courir après cet "idéal", justement parce que j'estimais que ce n'était pas un idéal.

Aujourd'hui, je vois que ma fille est rassurée quand je m'excuse d'avoir crié. Cela me soulage également. Parce qu'il nous arrive effectivement de crier pour rien.

Dernier exemple en date : ma dernière a passé son après-midi d'hier à hurler. Maman a la tête comme une courge. Et ma grande a une trachéite chronique depuis le début de l'hiver. A raison d'une quinte de toux toutes les secondes, ajouté aux hurlements du bébé, j'ai fini par lui dire: "c'est pas possible tu y fait exprès de tousser". Bah oui évidemment, la mère indigne fait une sortie brillante en disputant sa fille qui elle tolère les cris de sa sœur sans se plaindre tout en étant malade depuis plusieurs mois. J'ai fini par laisser bébé 2 pleurer 2 minutes dans son berceau, la lumière allumée, en lui expliquant qu'il fallait que j'aille parler à sa sœur. Je suis allée dans la chambre de ma grande, je lui ai expliqué que j'étais fatiguée et très énervée des pleurs de sa sœur et que j'avais été bête de la disputer. Gros câlin et miracle : bébé 2 s'était endormie dans son berceau! On est ensuite allé faire des gâteaux toutes les deux. Et elle m'a confié à cette occasion que sa petite sœur l'énervait à pleurer tout le temps. Elle ne l'avait jamais exprimé. Et je pense que le fait que je l'avoue moi-même l'a encouragé à me parler...
 
Dernière édition:

cerise

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
Mercie fannie. A propos de ça je vois une psy à l'unité de psycho péri natale de la mat' où j'ai accouché qui dit "il ne faut surtout pas s'excuser ça insécurise l'enfant. Vous êtes la maman, et si vous avez fait ça c'est qu'il vous y a conduit. En vous excusant vous vous remettez à son niveau et vous brouillez les repères"
J'avais un peu le même avis que cette psy... avant d'avoir des enfants ;)
Je suis de l'avis de Lili : ce n'est pas forcément un service à rendre à nos enfants de leur faire croire que nous sommes parfaits. Bien sûr, il est important qu'ils aient confiance en nous, qu'ils nous voient comme un appui sûr... Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas faire des erreurs de temps en temps !
Exemple idiot qui me vient en tête. Ce matin, mon fils a renversé le pot de fromage blanc... Je lui ai dit que c'était une bêtise, je ne l'ai pas grondé car il ne l'avait pas fait exprès, mais je lui ai expliqué qu'il fallait faire attention.
Mais moi-même, ça m'arrive souvent de commettre des maladresses et de renverser des choses ! Et si mon fils y a assisté, je dis que maman a fait une bêtise, que ce n'est pas bien, qu'elle n'a pas fait attention. Sinon, comment pourrait-il comprendre que je lui reproche la même chose ?
 

ladyl

Montée de lait
Vous avez raison mes filles, ne surtout pas passer pour des parents parfaits! Ce serait monstrueux d'avoir des parents parfaits : comment se construire alors que la perfection n'est pas de ce monde! En gros, ce serait une vie vouée à l'échec puisque le but est inatteignable, quelle tristesse.
Ce qui n'empêche pas de dire que l'on décide car on est parents... même si on a tord c'est comme ça, on essaie de faire au mieux !
 

fannie

Hyperlactation
ENV c'est éducation non violente!

mon fils s'excuse spontanément grâce au fait que je le fais moi même, alors je trouve ça bien de s'excuser quand on fait des bétises!
 

imanAlexandra

Hyperlactation
l enfant apprend en observant,en nous voyant travailler sur nous meme il est encourage a faire pareille.
j'apprend a etre patiente et je ne cache pas a ma fille combien c est difficile parfois.elle se retrouve en moi et apprecie mon effort,ensuite fait de meme tant bien que mal(parfois mieux que moi:))
elle sait qu'elle peut me rappeler a l'ordre(ainsi que son pere et tout le monde qui perd la tete) en disant juste le mot patience tout doucement...
on essaie aussi depuis toujours de mettre les mots sur les intentions,sentiments...
on apprend aussi le pardon et la bien vaillance (on invente des histoires ou les mechants ont juste besoin que quelqu'un croit en eux en gros,on lui dit pas que le monde est rose mais on lui dit dit qu'avec la violence on ne peut pas sauver le monde)

d ailleurs on fait attention aux mots,chez nous betise c est intentionelle alors que d habitude ce sont des accidents,maladresses,experiences etc... chercher a attirer l attention..la colere finalement tres peu de betises..parfois mauvaises blagues :)

a la fin c est ma fille qui m enseigne :) il faut de la patience ce qui est difficile quand on est trop fatigue
 
Dernière édition:

Bouclette86

Période de pointe
Lili : félicitations !!!!!!!!!!!!!! J'avais raté la nouvelle de la naissance de fillette !!!! Raconte nous l'accocuchement et les débuts !!!!

Bon, sinon, pour revenir à nos moutons :

Effectivement, donner un modèle de perfection c'est impossible, ou alors ce serait hautement hypocrite, puisque ce serait camoufler les défauts, enterrer les sentiments non politiquement corrects etc...

Donc montrer qu'il faut tout cacher, avoir honte !

Mais en même temps il faut avoir conscience que certains fonctionnements sont vraiment mauvais, et les éviter autant que possible. Je pense vraiment que les fessées et HURLEMENTS fréquents en font partie. Humiliants et hautement stressants, ils sont plutôt des problèmes que des solutions.

Je vais faire comme Annaëlle : me "désintoxiquer" de ces fonctionnements. Dur dur !
 

ladyl

Montée de lait
Mais en même temps il faut avoir conscience que certains fonctionnements sont vraiment mauvais, et les éviter autant que possible. Je pense vraiment que les fessées et HURLEMENTS fréquents en font partie. Humiliants et hautement stressants, ils sont plutôt des problèmes que des solutions.
Entièrement d'accord! J'ai la chance de ne jamais avoir reçu de fessée (ce qui est loin d'être le cas de mon mari... ) et nous avons la chance de ne jamais avoir levé la main sur nos enfants, je dis bien la chance, nous en avons conscience. Mais dis toi que le pire serait de minimiser totalement ces "violences", ne pas essayer de les contourner!
 

Lili69

Hyperlactation
On est toutes d'accord là-dessus. Simplement sois indulgente envers toi-même Bouclette. L'arrivée d'un nouveau Bibou, c'est de la fatigue, des grands qui cherchent leur place, voire le bébé lui-même (c'est le cas chez moi!), des hormones en chute libre, une estime de soi au plus bas...alors oui, on n'est pas forcément à la pointe de l'ENV!
 
Haut