• ENCOURAGEZ-NOUS !

    Les animatrices donnent bénévolement de leur temps et de leurs compétences pour répondre aux questions que se posent les mamans qui allaitent et accompagner celles qui le souhaitent tout au long de leur allaitement : en réunion, par courriel et au téléphone... et sur le forum !
    Si vous appréciez notre travail, nous vous invitons à nous le faire savoir par quelques mots d'encouragement à notre intention, et/ou par un don ou une cotisation - si ce n'est déjà fait - qui nous permettront de continuer à nous former pour toujours mieux répondre aux besoins des mamans qui choisissent d'allaiter.
    Rendez-vous sur le site LLL et choisissez le groupe 00-Forum pour soutenir l'équipe du forum LLL.
  • Compte tenu de l'épidémie de COVID-19, LLL France a décidé de suspendre toutes les réunions jusqu'à septembre. Les animatrices LLL restent disponibles pour répondre aux questions des mères par téléphone, par mail, Facebook ou sur le forum. Des réunions virtueLLLes via visioconférence sont organisées (infos sur la page facebook "réunions virtuellles LLL France")

l'impossible sevrage...ou mon cheminement vers la haine de mon allaitement...

Stephs13

Lactarium
Bonjour à toutes,

J’hésite à poster ce message depuis longtemps. J’en ai parlé à certaines d’entre vous avant de prendre la décision de le faire. Elles m’ont dit que oui, ce message avait sa place ici.
Je tiens à m’excuser auprès de celles qui vont le trouver choquant ou violent, même si cette violence reflète totalement mes sentiments actuels envers mon allaitement.
Je m’excuse auprès de Sylvie car je sens que ce message peut lui faire de la peine. Je comprendrai qu’il soit d’ailleurs supprimé.

J’ai déjà posté sur mes difficultés. Mais là, je peux le dire clairement : je HAIS mon allaitement. Je ne hais pas l’allaitement en général (de la même façon que je ne hais absolument pas le LA), mais le mien. J’insiste là-dessus.

Je regrette de tout mon cœur d’avoir allaité. Je suis en colère contre le fait qu’on ne dise pas à quel point c’est difficile de sevrer un enfant (même si je sens bien la raison de cette « non-information » : déjà que le taux d’allaitement est bas…, si en plus des messages comme le mien étaient davantage diffusés…). Je me sens piégée dans cet allaitement. Piégée car je n’arrive pas à sevrer ma fille. Que je déteste l’idée que j’allaite un bambin (l’allaitement d’un bambin chez les autres ne me gêne pas, c’est MON allaitement de ma fille qui me gêne). Piégée car je ne veux pas la faire souffrir. Après tout, son frère a une tétine, il a trois ans, et même si on tente de réduire, je ne vais pas lui enlever et le faire souffrir lui. D’ailleurs, quand on donne une tétine, on sait d’avance quelle galère ça va être pour arrêter… A aucun moment une puér, ou ma conseillère ne m’ont avertie de l’enfer que j’allais vivre en allaitant.
Souvent je me demande( comme c’était l’objet d’un post ici) pourquoi j’ai allaité.. Parce que ça me semblait naturel (mais là encore, moi je suis pas une maman nature etc, je mange du mac do, picard ça me viendrait pas à l’idée d’avoir des couches lavables etc…), parce que c’était pratique (mais là encore, finalement prendre un bib de poudre qui se boit froid c’est pas une contrainte, je l’ai vécu avec mon fils), parce qu’on m’avait dit que les enfants tombaient moins malades (ah la bonne blague… dites ça à ma fille ! D’ailleurs je me demande si les études faites sur le sujet prennent en compte par exemple que les enfants allaités sont souvent gardés par leur mère, et que ça ça peut jouer dans le fait qu’ils soient moins malades !)..

Pour le sommeil, j’ai eu beau râler sur le sommeil de mon fils, en fait lui a juste besoin qu’on soit LA. Et il dort. S’il se réveille il voit que je suis là. Et moi ça ne me gêne pas, s’il dort, qu’il dorme avec moi. Par contre, ma fille qui crie téter dix fois par nuit, qui me monte dessus, qui refuse de lâcher le sein, qui me pince etc. Ca ça devient insupportable. Et cet allaitement qui était censé créer un lien particulier avec elle m’éloigne d’elle en fait. Je ne supporte plus cette fichue tétée de retrouvailles le soir à la crèche. J’ai envie de prendre ma fille dans mes bras, de lui parler, qu’on me raconte sa journée sans me faire déshabiller, sans les hurlements téter téter…

Je n’aurai pas d’autre enfant. Mais si j’en avais un autre, je ne sais même pas si je lui donnerais une tétée de bienvenue. ET je serais très mal à l’aise si une future maman me demandait conseil. Je pense que je lui dirais que je suis mal placée pour répondre (et la pauvre que pensera-t-elle ? Une maman qui allaite depuis 18 mois est mal placée ????).

Quand on me dit que quand même il faudrait la sevrer etc j’ai envie de crier : « mais savez-vous l’enfer que c’est ???? ».
Alors oui, je lis sur le sevrage, changer les idées de l’enfant. Et quand ça ne marche pas ? Lui donner à manger. Et bien non plus. Car à part peut-être du chocolat, elle n’a envie QUE de téter. Et quoi qu’en disent les Gonzales etc, je continue à penser qu’une enfant d’un an et demi qui ne mange quasi que du lait, ce n’est pas normal.

Et bien sûr le papa. Certaines savent que c’est pas le top ici. Mais je suis persuadée que l’allaitement, dans certains cas (car je sais que certains papa ici ne sont pas là-dedans) aide fortement au désengagement du papa. Je parle souvent de mon mari « actuel ». Mais pour mon fils, quand celui-ci a commencé à prendre des biberons, ben mon mari gérait. C’est d’ailleurs lui qui avait stoppé son activité quelques semaines pour le garder. IL s’endormait indifféremment avec lui ou moi. Et mon mari se levait la nuit pour les biberons… Cette dépendance de ma fille au sein l’éloigne de son papa (et m’en éloigne aussi).

Mais sèvre-la me direz-vous ! si c’est si insupportable ! Oui, mais la faire souffrir par cet allaitement que J’AI CHOISI est tout aussi insupportable. Je sais que je vais finir par craquer et tout arrêter d’un coup. Et je sais le mal terrible que je vais lui faire. Tout ça parce que j’ai décidé un jour d’allaiter.
 

La fee licite

Période de pointe
Juste pour te dire que j'ai lu, que ton post me touche et que je t'envoie toutes les bonnes ondes possibles et un gros câlin, si tu en veux bien
 

Muwan

Période de pointe
Salut Steph ça me fait plaisir de te lire à nouveau malgré les circonstances de ton msg où je lis bien la complexité de la situation. J'ai bien remarque aussi que plus on attend pour sevrer plus c'est dur. A trois mois ou plus d'un an c'est le jour et la nuit. Je sais que chaque cas est différent mais quand même.
Tu regrettes ton choix mais pouvais tu savoir où ça vous emmenerait??! Ne sois pas dur envers toi même comme ça, tu réponds aux besoins de ta fille et si tu
continues c'est aussi parce que c'est ce qu'il y a de plus "simple" à faire pour ne pas créer de situation plus difficile encore si tu tentais de la sevrer car tu vas avoir besoin d'aide. Je me rappelle sur un post à ce sujet une maman qui nous a expliqué ce que sa mère avait fait avec sa cadette qu'elle n'arrivait pas à sevrer : le père et les enfants sont partis en vacances une semaine sans la maman. Au retour la cadette était sevrée. C'est une solution! C'est jamais évident toute façon. L'entourage et les professionnels de santé qui nous disent qu'on peut sevrer du jour au lendemain ne comprennent pas la déchirure de la mère et de l'enfant.
J'espère que ta situation évoluera et qu'avec ton mari vous vous rapprocherez, ça t'aidera à ne pas t'en vouloir tu n'y es pour rien.
 

Lili69

Hyperlactation
Je lis ton message plein de colère. J'espère que cela aura pu soulager un petit peu de ta peine de venir ici de nous dire tout ça. Pour ma part, je m'excuse si à un moment donné, j'ai pu par mes mots te culpabiliser ou t'encourager à continuer. Je ne sais pas si c'est le cas mais si je l'ai fait c'était purement inconscient.

Tout arrêter d'un coup et lui faire du mal? Oui ,ça va être dur, oui, il y aura de la frustration. Après, si ça permet à ses parents de se retrouver, à sa maman de revivre et à elle même de créer une relation avec ses parents dans l'amour et la quiétude, je pense qu'elle pourra te pardonner, qu'en penses-tu?

Pour la suite? Pas trop d'idée, j'ai été dans ton cas, je n'ai pas réussi le sevrage. Je n'en avais pas envie non plus car j'avais peur de la suite, de comment j'allais arriver à la consoler quand elle aurait de la peine. 1 an après le sevrage, elle vient encore me le réclamer...Alors le mode op' pour un sevrage d'une accro au tétou, je l'ai pas. Mais avoir des sentiments si forts de rejet ne doit surtout pas être ignoré.

Je t'envoie du courage pour surmonter tout ça. Si tu as besoin d'encouragements, tu sais que tu peux compter sur nous.
 

toupidek

Période de pointe
Steph,

je ressens beaucoup de pensées contradictoires en te lisant, la première d'entre elle est sans aucun doute que tu sembles vivre une galère sans nom entre l'écoute de tes besoins et le profond attachement que tu as avec ta fille et qui fait que tu te refuse à la faire souffrir
sache que pour moi, quel que soit l'avis et le vécu que l'on puisse avoir autour de l'allaitement, du non allaitement, du sevrage et du maternage, ton message a toute sa place ici !
je te souhaite une issue heureuse et rapide à cette situation qui a l'air si douloureuse et complexe, pour le bien de chacun dans ta famille
 

La fee licite

Période de pointe
Lili dit très bien ce que j'essaye de formuler dans ma tête depuis un moment... Tu dis que le sevrage la "fera souffrir" comme le fait de retirer la tétine ferait souffrir son frère.
Déjà, rien ne t'empêche d'essayer d'introduire une tétine, même tard.
Et ensuite, je crois qu'il est illusoire et dangereux de vouloir eviter toute souffrance à nos enfants. D'autant que là, ce qu'elle ressent, c'est que sa maman se force, ne prends pas plaisir et s'éloigne... Ça aussi c'est une souffrance.
Je sais que je suis "moins bienveillante" que bon nombre de mamans ici... Parce qu'avant d'avoir un bébé, j'ai fait un chemin qui m'a amené à commencer par essayer d'être bienveillante avec moi, entendre et satisfaire mes besoins... C'est un poids trop lourd pour nos enfants que de porter nos besoins non comblés, je pense ne pas être la seule à le savoir pour l'avoir vécu.
Désolée si je suis culpabilisante ou blessante, je ne sais pas bien m'exprimer. En tout cas, comme disait Lili, si tu as besoin d'encouragements, tu en trouveras ici.
 

CamilleMS

Période de pointe
Je trouve le message de la fée licite très sensé.
Je ne sais pas quoi rajouter, pas d'expérience à ce sujet, mais je t'envoie plein de bonnes pensées et te souhaite bon courage Steph.
 

Annaëlle

Hyperlactation
Et je sais le mal terrible que je vais lui faire.
Coucou Steph,

Oh oui c'est dur cette situation, je te comprends mille fois puisque je l'ai vécue quand j'étais enceinte et que je voulais sevrer mon grand qui ne voulait pas. Je lui en voulais de ne pas grandir et me "lacher", j'en voulais au bébé dans mon ventre d'être venu trop tôt et à moi bien sur pour avoir merdé dans ma contraception!
Après avoir hésité pendant toute ma grossesse (j'ai vécu des tétées insupportables ou j'avais envie de pousser mon fils -le mot "pousser" est faible- mais je serrais les dents) j'ai enfin pris la décision de lui refuser la tétée. C'était affreux pour moi, qui lutte sans arrêt contre le sentiment d'être une mauvaise mère, faire ça à mon fils, la fin de monde... Il a beaucoup pleuré, je l'ai bercé, jamais laissé seul avec cette douleur. Ca a duré 2 ou 3 nuits et puis ça s'est calmé. Non ce n'était pas la fin du monde.
Aujourd'hui il a 4 ans et demi et ne semble pas traumatisé!

Je me demande toujours pourquoi j'ai attendu si longtemps mais il me fallait ce temps pour cheminer et prendre LA décision. Et oui en effet, sevrer peut parfois être très dur dès que l'enfant a son mot à dire.

J'espère que tu y arriveras rapidement et que tu pourras passer à autre chose. Mais tu ne sais pas si tu vas lui faire autant de mal que tu le penses. Oui elle tète beaucoup aujourd’hui, mais elle saura et pourra faire autrement, j'en suis certaine. Fais lui confiance!
 

Isa Tout Simplement

Montée de lait
Bonjour Stephanie

Je suis très surprise de voir ce post de ta part car le mois dernier, tu as été un soutien pour moi alors que ma fille ne grossissait pas.
Je n'ai hélas pas de conseil a te donner car je n'était pas la maman allaitante parfaite et mon sevrage s'est très vite et bien passé mais je suis sûre que tu trouvera ici du soutien, de l'écoute et des conseils qui pourront t'aider.
 

Stephs13

Lactarium
C'est tout le paradoxe
Malgré cette " haine" de mon allaitement j'ai aussi de l'expérience et en plus je revendique pour les femmes le droit à l'allaitement en public ou encore le droit de tirer son lait etc...
 

elicine

Voie lactée
Ton message me touche aussi beaucoup, on ressent ta colère et ta souffrance.
Je n'ai pas de solution à t'apporter mais je t'envoie plein d'ondes positives.
Si, je peux te dire quand même que ta situation me rappelle fortement ce qu'a vécu ma patronne quand elle voulait sevrer sa fille (elle avait 3-4 ans ). Je me souviens bien de cette petite fille intense qui rentrait de l'école en hurlant téteeeeeer!!! en traversant le magasin en courant vers sa mère exaspérée...Elle avait tout essayé homéopathie, douceur, fermeté et même psy (ça avait marché 24h...)Je ne sais pas comment ça s'est arrêté, la petite a toujours gardé un fort caractère et c'est peut être aussi ce qui l'a aidée à passer ce cap!
En tout cas, moi je n'avais pas d'enfants à cette époque et ça m'a quand même donné envie d'allaiter . Ça m'a même donné de l'espoir quand l'allaitement de mon fils était si difficile.
Je te souhaite plein de courage!
 

Annaëlle

Hyperlactation
Et oui c'est le traumatisme que je crains pour ma fille. Peur qu'elle en garde une profonde blessure.
Oui malheureusement, on ne sait pas ce qu'ils gardent après un sevrage "brutal". De quoi as-tu peur exactement? Peux-tu mettre des mots dessus?

Je pensais à toi ce soir en endormant ma fille au sein :rolleyes:, encore une fois! (jusqu'à quand???).
Et je repensais à ces longs mois d'hésitation ou je voulais sevrer mais ne savais pas comment faire, avec cette peur de traumatiser.
Avec le recul je pense que je n'aurais pas du attendre aussi longtemps, et j'avais l'accouchement qui approchait et qui me stressait beaucoup mais qui finalement m'a aidé puisque ça a précipité le sevrage.
J'avais besoin d'aide à l'époque, surtout du papa mais il était déjà très absent et ses mots étaient: t'avais qu'à arrêter avant... Tu parles d'un soutien. Heureusement le forum était là, encore et toujours, merci!

J'aimerais pouvoir t'aider à sevrer mais il n'y a que toi qui puisse décider que c'est le moment. Il faut aller loin jusqu'au bout de ses propres limites et il faut croire que les notres sont difficiles à atteindre!

Penses-tu que ton mari pourrait t'aider lors du sevrage? S'occuper de la petite ou du grand pour que tu ne sois pas seule?

Je te souhaite beaucoup de courage.
 

Oléa

Hyperlactation
Bonjour Steph,
J'ai une amie qui a eu un père extrêmement violent. Elle, son frère et ses soeurs sont tous devenus des conjoints aimants, respectueux et des parents bienveillants. Ils ont construit un bonheur simple et plein de bienveillance sur un traumatisme extrêmement violent.
Le traumatisme est inévitable et on peut construire des choses merveilleuses dessus.
Mais pour le sevrage, je ne sais pas si on peut appeler cela un traumatisme, ou plutôt une simple étape douloureuse sur le moment. Cela pourra être très dure pour ta fille, mais est-ce que les épreuves que l on traverse sont forcément des traumatismes?
Je ne dis pas que ce que je dis est juste, j essaie juste de proposer une autre vision des choses...
L expérience de mon entourage pour les enfants de l âge de ta fille :
Ma nièce a été sevrée à 18 mois, la mère devait prendre des antibiotiques et elle s est dit que c'était l occasion de sevrer. Elle a pleure une fois, est passée au biberon et n a jamais eu besoin de sucette. C était brusque: le matin elle tétait comme tous les jours, le soir au retour du travail c était fini.
Le fils d une amie a été sevré brusquement car sa mère a été hospitalisée en urgence deux semaines ( elle avait essayé quelques temps avant de le sevrer sans succès), à son retour de l hôpital le petit a voulu téter, sa mère a mis des pansements sur ses seins en disant qu ils étaient malades, il a fait la tête à sa mère deux semaines et pareil, pas de sucette. Leurs besoins de succion semblaient comblé.
Bon je ne te souhaite pas de tomber malade, mais un arrêt brusque semble pouvoir être une possibilité...
 
Dernière édition:

Stephs13

Lactarium
Merci pour ces pistes
En fait j'ai vraiment peur que ma
Petite rigolote devienne triste qu'elle en garde inscôsciemment une blessure.
Après j'ai aussi des doutes la dessus
Par ex j'ai laisse u temps pleurer mon fils
Aujourd'hui cest un enfant qui craint la séparation etc mais en fait... Il état DÉJÀ comme ça... Mais quand on lit la dessus on a l'impression de séquelle irréversibles...( c'est un peu comme le débat de la fessée qui ne fait pas de mal et d'autre s qui disent que ça pourrit toute la relation... Je parle parfois a des adultes qui ont reçu des fessées et qui ont une merveilleuse relation à leurs parents et à leurs efants..)
 

Stephs13

Lactarium
Mon mari ne m'aidera pas avec elle
Il a du mal avé le fait qu'elle le rejette ( il ne se rend pas compte que moi non plus elle n'a souvent pas envie de me faire des câlins elle veut juste TÉTER)
 
Haut